En Australie, un nouveau projet de recherche va être mené par l’UWA (University of Western Australia). Il vise à développer un test sanguin pour évaluer le niveau de stress des poissons. Plus précisément, il s’agira de mesurer les protéines présentes dans le sang de l’animal pour détecter un stress métabolique. Sachant que le stress impacte la santé du poisson et le rend plus vulnérable, l’exploitation de ces données pourrait contribuer à améliorer les conditions d’élevage, notamment pour préserver la santé et le bien-être de l’animal, tout en assurant la durabilité et une gestion optimale de la productivité de l’aquaculture.
Comme le souligne le Dr Catherine Wingate, du département Molecular Sciences de l’UWA (University of Western Australia), l’aquaculture a permis de réduire la quantité de poissons sauvages pêchés et d’éviter de vider les océans de leurs poissons. Cette industrie doit cependant relever de nombreux défis comme la gestion des stocks, la qualité des produits, ou encore une croissance durable.
Dans les techniques d’élevage, un élément important est aussi à prendre en compte : c’est le stress ressenti par les animaux. Le stress peut être lié à des facteurs environnementaux (stress thermique, pollution…), il peut aussi être causé par une maladie ou une alimentaire inadaptée, mais dans tous les cas, il impacte la santé de l’animal. C’est ce qui a conduit l’UWA à lancer un projet de recherche sur la détection du stress chez les espèces aquatiques, et plus spécifiquement chez les poissons.
Concrètement, en collaboration avec le Department of Primary industries and Regional Development (Australie), le Dr Catherine Wingate va travailler à ce nouveau projet de recherche, avec pour objectif de développer un test sanguin permettant de quantifier le stress du poisson. Les investigations vont se concentrer plus particulièrement sur la mesure des protéines dans le sang afin de détecter le stress métabolique. Avec les données obtenues, la mise au point d’un système d’alerte pourrait aussi être envisagée. De même, l’utilisation de cette technologie pourrait aider à améliorer certains aspects, comme optimiser la reproduction, réduire la sensibilité aux maladies, développer des aliments adaptés.
En adaptant cette technologie, le Dr Catherine Wingate va s’intéresser également au stress métabolique engendré dans les récifs coralliens par les changements climatiques.
Sources :
- https://www.uwa.edu.au/news/article/2021/august/researchers-scale-up-new-blood-test-for-stressed-fish
- https://phys.org/news/2021-08-scale-blood-stressed-fish.html
Contributeur :
En vertu du nouveau règlement de la Commission (UE) 2018/848 entré en vigueur en janvier 2021, les produits aquaponiques ne peuvent pas être certifiés biologiques dans l’Union européenne.
Compte tenu des multiples composantes d’un système aquaponique, qui impliquent la culture de plantes dans des conditions hydroponiques, le recyclage des déchets de poissons et l’élevage de poissons dans des conditions artificielles, l’obtention de la certification biologique pour les produits est une question complexe dictée par de nombreux paramètres.
Introduction
L’aquaponie consiste en l’association de deux processus distincts de production : l’horticulture et l’aquaculture. Ces deux processus distincts sont donc accompagnés de leurs réglementations respectives pour la production biologique. La production végétale et l’aquaculture sont également gérées par deux directions générales distinctes de la Commission européenne : la DG Agriculture et développement rural (AGRI) et DG Affaires maritimes et pêche (MARE) ce qui rend la réglementation autour de l’aquaponie complexe.
L’aquaponie n’est pas retrouvée dans le système de certification de l’agriculture biologique de l’UE, car elle est considérée comme un type de technologie hydroponique, et l’hydroponie n’est pas autorisée en agriculture biologique.
La définition de l’agriculture biologique réside en un système de production qui préserve la santé des sols, des écosystèmes et des personnes.
Au sein de l’Union Européenne, le cadre réglementaire actuel pour la production biologique de poissons et de légumes est régi par le règlement (CE) n° 834/2007 du Conseil, tandis que des normes de réglementation plus détaillées font l’objet du règlement (CE) n° 889/2008 et du règlement (CE) n° 710/2009 de la Commission.
Récemment, le règlement (UE) 2018/848 du Conseil a été publié et une mise à jour très attendue est entrée en vigueur le 1er janvier 2021. Cette mise à jour avait pour objectif d’évaluer et de discuter des règles en place pour que des modifications soient apportées à l’avenir et de voir les changements à apporter qui pourraient permettre à l’aquaponie d’être reconnue comme une technologie de production alimentaire biologique.
Les règles du règlement (UE) 2018/848 de la Commission reposent sur les principes fondamentaux de la production biologique, chaque règle est fondée sur un ou plusieurs principes qui peuvent être subdivisés en trois catégories : l’environnement, les plantes et animaux, et les personnes :
- La catégorie « environnement » comprend les principes qui traitent sa protection, sa préservation, des processus naturels et de l’utilisation raisonnable de l’énergie.
- La catégorie « plantes et animaux » traite des normes élevées requises pour le bien-être animal et la préservation de la santé de la faune et la flore.
- La catégorie « personnes » traite des effets de l’agriculture biologique sur les êtres humains, tels que les effets sur le développement rural, la sécurité alimentaire et la qualité des produits.
Dans l’ensemble, les produits aquaponiques sont durables sur le plan environnemental, respectent les cycles naturels, appliquent des normes élevées de de santé et de bien-être pour les organismes d’élevage, sont sûrs pour la consommation et peuvent soutenir le développement rural et social.
L’aquaponie incarne le véritable esprit des principes du règlement sur l’agriculture biologique.
1. Lien sol / sous-sol / roche mère
Néanmoins, certains points majeurs de la certification biologiques ne sont pas respectés par l’aquaponie. En effet, le Règlement (UE) 2018/848 précise certains points importants et notamment le principe de la préservation de la fonction du sol et de la fertilité à long terme.
Le principal obstacle avec la mise à jour de la loi demeure dans la notion de « présence d’un sol vivant connecté avec le sous-sol et la roche-mère est une exigence pour la certification biologique des cultures » (règle 1.1). C’est la première fois qu’un lien avec le sous-sol et la roche-mère est clairement indiqué dans un règlement européen. Cela exclut aussi clairement de la certification biologique tout mode de production impliquant des milieux hors-sol, ainsi que tout sol prélevé sur le site où il s’est formé naturellement.
La composition du sol n’est pas prise en compte dès lors que la connexion requise avec le sous-sol et la roche mère est remplie, le règlement n’offre aucune spécification sur sa partie vivante non plus.
La notion de sol vivant pose alors des questions, puisque pour avoir des produits biologiques issus de l’agriculture, cette dernière doit se faire sur un sol vivant.
En outre, il n’est pas non plus fait mention du type de méthodes de cultures ou substrats autorisés pour la production des variétés horticoles.
La certification biologique des plantes aromatiques et ornementales cultivées en pots constitue une exception à la notion de lien nécessaire avec le sol et le sous-sol (règle 1.1), mais cela permet également de cultiver ces catégories de plantes dans des milieux inertes. Une clarification de la Commission européenne a permis de comprendre que les herbes et plantes ornementales sont exemptées de la règle 1.1 (lien sol avec le sous-sol et la roche mère) mais pas de la règle 1.2 qui interdit la technologie hydroponique à la certification biologique. Des clarifications supplémentaires sont nécessaires sur le type de substrats qui sont autorisés pour la culture de ces variétés, ainsi que sur la nécessité d’un substrat.
2. Les engrais
a. L’azote
Les systèmes aquaponiques hors-sol conventionnels sont basés sur la culture hydroponique, qui est interdite et ne peut être certifiée comme biologique (règle 1.2). En tant que telle, la technologie hydroponique va à l’encontre du principe biologique de respect des systèmes et cycles naturels, puisque les plantes qui ne poussent pas naturellement dans l’eau sont cultivées avec leurs racines entièrement/partiellement dans l’eau.
Mais, contrairement à l’hydroponie, l’aquaponie ne nécessite pas d’engrais azotés minéraux, dont l’utilisation n’est pas autorisée en production biologique. L’azote dont les plantes ont besoin est fourni par les déchets de poissons, qui sont condimentés par les bactéries qui se forment naturellement dans le système en des formes facilement absorbables par les plantes. Selon la définition de Francis et al., (2003), la production durable agricole est durable grâce à la conception de systèmes qui ferment le cycle des nutriments. L’aquaponie est une technologie hautement durable qui non seulement respecte les systèmes et les cycles naturels, mais qui est fondée sur, et fonctionne en appliquant des principes trouvés dans la nature.
b. Le « fumier »
Un autre point de discordance est l’utilisation de déchets de poissons (« fumier ») comme source de nutrition pour les plantes par les technologies aquaponiques. Dans le règlement de la Commission (UE) 2018/848, certains engrais peuvent être utilisés comme intrants dans la production biologique, à condition qu’ils soient autorisés (cf articles 9 et 24 et répertoriés dans un acte d’exécution prévu par l’article 24, paragraphe 9).
L’utilisation du fumier dans le règlement est limitée aux effluents d’élevage, puisqu’il n’est pas fait mention des effluents de poisson, une clarification de la Commission a précisé : « le fumier brut de poisson n’est pas mentionné à l’annexe I du règlement (CE) n° 889/2008 et que, par conséquent, son utilisation n’est actuellement pas autorisée en production biologique ».
Cependant, comme le fumier de poisson frais a une composition chimique similaire à celle des autres effluents d’élevage, il pourrait être utilisé comme engrais, et son utilisation devrait être autorisée en agriculture biologique.
L’utilisation du fumier de poissons comme nutrition pour les plantes est également conforme au principe du règlement (UE) 2018/848 de la Commission (article 6c) : « le recyclage des déchets et des sous-produits d’origine végétale et animale comme intrants dans la production végétale et animale ».
3. L’environnement
a. L’énergie
Le principe de l’utilisation responsable de l’énergie et des ressources naturelles sous-tend la règle 3.1.5.2, qui interdit le chauffage ou le refroidissement artificiel de l’eau, sauf pour les installations d’écloserie et de nurserie.
Si une énergie renouvelable pour la manipulation de la température de l’eau est utilisée, le principe de l’utilisation responsable de l’énergie est respecté. Cette règle met alors juste en garde les producteurs aquaponiques sur l’origine de leur énergie.
b. Le type de fond
Une autre règle qui fait obstacle à la certification biologique des produits aquaponiques est la règle 3.1.5.3 du Règlement 2018/848, qui stipule que pour les poissons d’eau douce, le type de fond doit être aussi proche que possible des conditions naturelles, et dans le cas des « carpes et espèces similaires », le fond doit être de la terre naturelle. Cette règle fait également référence au principe du respect des systèmes et des cycles naturels, ainsi qu’au principe de bien-être et de reproduction élevés. Or les bassins aquaponiques sont souvent artificiels ce qui permet de contrôler au plus proche les paramètres d’élevage.
4. L’aquaponie biologique dans d’autres pays
Les lois qui empêchent la certification biologique des produits aquaponiques dans l’Union européenne ne sont pas partagées par des pays comme les États-Unis et le Canada, où les produits hydroponiques/aquaponiques peuvent être certifiés comme tels. Les produits issus de systèmes aquaponiques sont actuellement certifiables comme biologiques en vertu de la norme CAN/CGSB-32.312-2018, qui définit une méthode de culture aquaponique comme un système qui « combine la culture et l’élevage dans une relation symbiotique ».
Conclusion
Afin d’obtenir des produits certifiés biologiques de l’aquaponie, les règlementations vont devoir évoluer.
Bien que des études scientifiques supplémentaires soient nécessaires, notamment sur les effets de l’application des déchets de poissons bruts comme engrais pour les cultures, les règlements doivent avoir la flexibilité et la capacité d’intégrer les nouvelles techniques et technologies qui soutiennent les objectifs de la production alimentaire durable. L’aquaponie repose sur un système incluant la production aquacole et la production végétale dans un système circulaire. Les besoins des poissons et des plantes sont couverts par la mutualisation des avantages de ces cultures. Afin de surmonter certains des obstacles empêchant la certification biologique et de positionner les produits aquaponiques comme potentiellement biologiques, il est nécessaire de revoir la réglementation pour s’assurer qu’elle est basée sur la science et sur les principes du développement durable
Si la production aquaponique n’a pas nécessairement besoin d’une certification biologique pour devenir une industrie de production alimentaire à part entière, largement acceptée par les consommateurs comme une source de nourriture locale saine et durable, elle doit au moins être étudiée.
En Ecosse, des chercheurs et des conchyliculteurs travaillent à développer une méthode de diagnostic rapide, pour identifier la présence d’organismes responsables de l’encrassement biologique. Les recherches se sont attachées plus particulièrement aux vers tubicoles qui colonisent les coquilles des moules. Le projet vise à utiliser l’échantillonnage ADN pour identifier la présence de ces vers dans l’eau et sur les coquilles, et fournir un outil de contrôle fiable et rapide. La société écossaise Shetland Mussels teste actuellement cette technique sur ses sites.
Chaque année, la production mytilicole écossaise compte près de 10% de ses stocks de moules touchés par l’encrassement biologique, et plus particulièrement par les vers tubicoles. Ces organismes marins, qui se fixent sur la coquille des moules, sont sans danger pour la consommation humaine, mais ils peuvent altérer la croissance et l’apparence des moules. De même, ils peuvent aussi endommager les emballages utilisés pour les moules, notamment les emballages sous vide. En conséquence, les moules colonisées par ces vers sont mises au rebut.
Face à cette situation, un projet visant à mettre au point une méthode de diagnostic rapide est ainsi mené par l’Institute of Aquaculture (IoA) de l’université de Stirling, en Ecosse, en collaboration avec le SIAC (Sustainable Aquaculture Innovation Centre / Ecosse) et la société écossaise Shetland Mussels.
Comme l’explique Stefano Carboni, zoologiste au IoA, les coquilles des moules peuvent êtres lavées pour enlever les vers, mais les larves de ces organismes restent toujours présentes dans l’eau et peuvent à nouveau coloniser les mollusques. De même, s’il est possible de détecter les vers grâce à l’analyse au microscope d’échantillons d’eau, la confusion avec d’autres organismes est possible, et la détection reste limitée à un petit volume d’eau.
Aussi, l’idée du projet serait d’utiliser l’échantillonnage ADN pour identifier la présence des vers dans l’eau comme sur les coquilles. Cette technique de diagnostic moléculaire est déjà employée dans d’autres secteurs de l’aquaculture, mais c’est la première fois qu’elle est appliquée aux mollusques bivalves. L’objectif est de fournir, aux industriels, un outil de contrôle plus fiable et plus rapide, tout en permettant de surveiller les variations saisonnières et de programmer des opérations de nettoyage, et ainsi prévenir les pertes éventuelles.
A ce jour, les premiers tests sont en cours sur les sites de la société écossaise Shetland Mussels.
Sources :
- https://www.fishfarmingexpert.com/article/researchers-help-mussel-growers-tackle-tube-worms/
- https://www.pressandjournal.co.uk/fp/business/north-of-scotland/3133246/research-into-tube-worms-threat-to-mussels/
- https://www.worldfishing.net/news101/fish-farming/researchers-help-tackle-mussel-tube-worm-pest
- https://thefishsite.com/articles/how-dna-sampling-could-battle-biofouling-on-farmed-mussels
- https://www.seafoodsource.com/news/aquaculture/scotlands-mussel-growers-turn-to-technology-for-help-with-tubeworm-weak-shells
Contributeur :
CCI Région Hauts-de-France
En Suède, des chercheurs ont développé un système économe pour la culture de micro-algues tout en permettant aussi d’améliorer la qualité de l’eau des élevages aquacoles. Après avoir étudié plus d’une centaine de micro-algues, les scientifiques ont ainsi retenu la diatomée Skeletonema marinoi, et l’algue verte Nannochloropsis granulata, pour leurs capacités à poursuivre leur croissance sous un climat nordique et à transformer les nutriments (azote et phosphore), présents dans l’eau de mer, en une biomasse valorisable. Face à la demande en ressources alimentaires des fermes d’élevage et à la nécessité pour l’industrie aquacole de traiter les eaux de process, ces micro-algues présentent un profil intéressant pour l’aquaculture.
Dans le cadre d’un projet mené par l’Université suédoise de Göteborg, en partenariat avec le RISE (Research Institute of Sweden), des chercheurs ont travaillé à développer une culture d’algues économe en énergie, capable de résister au climat nordique et permettant d’assurer une bonne productivité quelle que soit la saison.
En laboratoire, ils ont ainsi étudié près de 160 espèces de micro-algues, cultivées dans des bioréacteurs utilisant de l’eau de mer, et dans des conditions simulant des variations de lumière et de température. Lors des différentes expériences, l’année a été divisée en trois saisons de croissance : le printemps, l’été, et l’hiver.
A l’issue de ces tests, 2 souches de micro-algues, la diatomée Skeletonema marinoi et l’algue verte Nannochloropsis granulata, ont été sélectionnées pour être cultivées sur la côte ouest de la Suède.
Les résultats ont montré, en effet, une croissance de ces 2 espèces aussi bien au printemps, en été (surtout pour Nannochloropsis granulata) qu’en hiver (davantage pour Skeletonema marinoi), ainsi que des productions de biomasse élevées. De même, en toutes saisons, ces 2 micro-algues se sont révélées efficaces pour absorber le phosphore et l’azote du milieu, et convertir ces nutriments en biomasse valorisable. Au vu de ces éléments, les scientifiques ont cherché comment exploiter au mieux le potentiel de ces algues.
Aussi, partant du constat que des fermes d’élevages ont besoin de ressources alimentaires et que les eaux de process de l’industrie aquacole doivent être traitées, les scientifiques ont avancé l’idée d’une utilisation dans l’aquaculture. Spécifiquement, Nannochloropsis granulata et Skeletonema marinoi pourraient évoluer dans les eaux de process restantes tout en les « nettoyant », et permettre aussi leur recyclage. En parallèle, la production continue de biomasse pourrait être assurée, même pendant la saison froide.
Cette idée a été confortée par l’étude de marché réalisée pour ce projet. Il ressort en effet de cette étude, que la biomasse algale peut être utilisée de différentes façons comme matière première biosourcée (par exemple : dans les cosmétiques, les bioplastiques, l’industrie pharmaceutique, ou encore comme engrais), mais c’est l’aquaculture qui présente le plus grand intérêt pour cette biomasse et ces algues, notamment dans l’amélioration de la qualité des eaux de fermes aquacoles.
A présent, les scientifiques ont demandé des financements pour démarrer des projets avec des entreprises de la côte ouest du pays.
Sources :
- https://thefishsite.com/articles/can-microalgae-be-used-to-improve-water-quality-in-fish-farms
- https://www.gu.se/en/news/microalgae-from-swedens-west-coast-a-new-resource-for-the-fishing-industry
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33826748/
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30809828/
Contributeur :
CCI Région Hauts-de-France
Retrouvez le replay vidéo ainsi que les présentations des intervenants de l’événément « Aquaculture : disease prevention and animal welfare » qui s’est tenu le 29 juin 2021.
Please find the video replay and the speakers’ presentations of the « Aquaculture : disease prevention and animal welfare » event, which took place on 29 June.
Presentations
00:00 : welcome by host
02:09 : EU-supported research and innovation underpinning farms fish welfare – Nikos Zampoukas, DG RTD.C.4, Healthy Seas and Oceans
Farm fish parameters
23:20 : fish welfare operational indicators – Marie-Laure Bégout, IFREMER
54:00 : Development of environmental enrichment to improve fish welfare – Violaine Colson, INRAE
Nutrition
01:18:26 : Functional novel ingredients: a mechanism to sustainably support health and welfare – Andrew Richardson, Innovafeed
01:35:05 : Translating human biomedical technology for fish health and nutrition – Timothy Bouley, BIOFEYN
Fish welfare at slaughter
01:50:15 : Phil Brooke, CIWF (Compassion in World Farming)
Disease management
02:04:55 : Prophylactic methods and disease prevention in aquaculture – Alain Lebreton, Vet’Eau Veterinary Clinic
02:30:00 : Reducing dependency on antibiotics: autogenous vaccines and phage therapy as alternative methods – Pantelis Katharios, Hellenic Centre for Marine Research
Certification labels
02:56:52 : Fish welfare indicators within ASC certification – Janneke Aelen, ASC
Workshop
03:19:25 : presentation of the online workshop on the topic HORIZON-CL6-2022-FARM2FORK-01-07, Biosecurity, hygiene, disease prevention and animal welfare in aquaculture
Afin d’améliorer la santé des poissons et diminuer les coûts d’intervention sanitaire, les auteurs d’un article de Preventive Veterinary Medicine ont modélisé différentes stratégies de prévention et de lutte contre l’isavirus du saumon (ISA), responsable d’anémie infectieuse. Les simulations sont alimentées par des données de 1 475 élevages norvégiens de saumons atlantiques (93 % des élevages) et de truites arc-en-ciel, entre 2004 et 2019. 142 épizooties dues à l’ISA ont eu lieu au cours de cette période.
6 scénarios sont simulés : aucune stratégie d’intervention (1a) ; vaccination obligatoire de tous les poissons sans intervention en cas de crise (1b) ; abattage obligatoire de l’ensemble des poissons 6 semaines après détection des symptômes (2a) ; vaccination obligatoire, en plus de 2a (2b) ; dépistage obligatoire de 20 poissons par ferme toutes les 4 semaines et abattage obligatoire 6 semaines après occurrence d’au moins un test positif (3a) ; vaccination obligatoire en plus de 3a (3b). Chaque scénario est simulé sur une période de 10 ans et lancé 200 fois, afin de faire une étude statistique de l’évolution de l’ISA sur cette période (figure ci-dessous). Le scénario 2a, similaire aux pratiques qui prévalent actuellement, sert de référence pour l’analyse des résultats.
La stratégie 1b (vaccination seule) semble aussi efficace que celle de référence : elle réduit de 80 % le nombre moyen de cas par rapport à une absence de stratégie (1a). L’intérêt de la vaccination diminue lorsque des stratégies plus strictes sont mises en œuvre (2b et 3b par rapport à 2a et 3a).
En plus des éléments de comparaison apportés par le modèle, les auteurs soulignent l’importance de considérations économiques, relatives à l’image des filières et au souci du bien-être animal, qui peuvent amener à préférer une stratégie moins efficace mais plus acceptable par les parties prenantes. Par exemple, les fermes aquacoles élèvent un très grand nombre de poissons, ce qui rendrait coûteuse leur vaccination systématique. Cette dernière serait donc intéressante économiquement, selon les auteurs, dans les zones où les risques d’infection par l’ISA sont très élevés et justifient les coûts.
Lecture : en noir, les enregistrements réels du nombre de foyers entre 2015 et 2019 et, en couleurs, les résultats des simulations des scénarios.
Source :
Preventive Veterinary Medicine
Contributeur :
Aurore Payen, Centre d’études et de prospective
http://veilleagri.hautetfort.com/archive/2021/06/14/choisir-la-meilleure-strategie-d-intervention-contre-l-isavi-6321867.html
En élevage de précision avicole et piscicole, les technologies numériques permettent déjà de reproduire deux des cinq sens, la vue et l’ouïe. Dans un numéro récent de la revue TeMA publiée par l’ITAVI, les auteurs décrivent l’usage de nez et de langues électroniques pour suivre la santé et le bien-être des animaux concernés.
Les technologies utilisent des capteurs de composés volatils pour les nez ou dissous en milieu aquatique pour les langues. Après une phase d’apprentissage, les systèmes de mesure sont capables, par intelligence artificielle, de comparer les résultats à une banque de données pour identifier les molécules.
Principe d’identification d’une odeur par un nez électronique en comparaison avec un nez humain
En aviculture, les nez électroniques analysent la qualité de l’air des bâtiments d’élevage. Ils détectent certains composés volatils signalant une maladie (influenza aviaire, colibacillose). Ils permettent aussi de prouver la nuisance afin de répondre à des plaintes de voisinage. En pisciculture, les langues électroniques détectent précocement le phénomène d’off-flavor, une odeur liée à des composés dégradant la qualité organoleptique des poissons.
Source :
ITAVI
Contributeur :
La Commission européenne a publié, le 12 mai 2021, ses orientations stratégiques pour une aquaculture européenne plus durable et plus compétitive pour la période 2021-2030.
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La 4ème réunion EATIP France organisée par AQUIMER, le 29 avril 2021, a débuté par un mot de bienvenue d’Angeline Pignon, directrice adjointe du Pôle. Elle a ensuite laissé la parole à David Bassett, secrétaire général de l’EATIP, qui est revenu sur les objectifs de la plateforme, les priorités au niveau européen ainsi que sur l’implication d’AQUIMER au sein de l’EATIP. Sa présentation s’est achevée sur les réunions et conférences à venir.
Des recherches pour utiliser les bactériophages dans l’aquaculture vont être menées en partenariat par la société norvégienne Skretting, fabricant d’aliments pour l’aquaculture, et la société polonaise Proteon Pharmaceuticals, spécialisée dans les bactériophages. Ce projet vise à développer des solutions alternatives aux antibiotiques. Les investigations vont se concentrer sur la bactérie du genre Vibrio, et des recherches vont être menées pour identifier un cocktail de bactériophages efficaces contre cette bactérie. La solution proposée pourrait se présenter sous la forme d’un additif alimentaire.
Pour limiter les maladies dans les élevages aquacoles ou pour soigner des animaux malades, les fermes d’aquaculture misent aujourd’hui sur la vaccination et les antibiotiques. Dans un futur proche, ces fermes auront peut-être à leur disposition une autre solution : les bactériophages. En effet, l’entreprise polonaise Proteon Pharmaceuticals, spécialiste des phages, a établi un partenariat avec la société norvégienne Skretting, qui produit des aliments pour l’aquaculture, en vue de développer des solutions utilisant des bactériophages.
Les bactériophages, aussi appelés phages, sont des virus qui n’infectent que des bactéries. On estime à 1031 le nombre de phages existants sur la planète. Ces organismes sont omniprésents, et chaque espèce de phages cible spécifiquement une bactérie.
La société Proteon Pharmaceuticals travaille depuis plus de 10 ans sur les phages. Elle a développé sa propre banque de données de bactériophages, et a déjà mis au point des produits utilisés notamment dans l’industrie laitière et l’industrie de la volaille.
Ce projet va bénéficier des expertises de chacun des partenaires, en l’occurrence sur les phages pour Proteon Pharmaceuticals, et sur la nutrition pour Skretting. Il offre aussi à la société Proteon, l’opportunité de se positionner dans le domaine de l’aquaculture, et de proposer des solutions naturelles pour lutter contre les maladies bactériennes et améliorer la santé des animaux dans les élevages aquacoles.
Les premières recherches, réalisées par Skretting, vont déterminer les souches les répandues de la bactérie du genre Vibrio. Puis, Proteon va rechercher un cocktail de phages capables d’infecter ces bactéries pathogènes. Enfin, des tests seront réalisés pour vérifier l’efficacité des phages retenus. La solution développée pourrait prendre la forme d’un additif alimentaire.
Dans l’aquaculture, la phagothérapie est très récente et très peu utilisée. Pourtant, les produits à base de bactériophages offrent des solutions alternatives naturelles face aux traitements antibiotiques. Ils présentent aussi un intérêt face à la résistance croissante aux antibiotiques, et préservent le microbiome.
Sources :
https://thefishsite.com/articles/skretting-and-proteon-to-trial-bacteriophages-for-aquaculture

