Produire des aliments pour l’aquaculture à partir de résidus de bois, c’est l’objectif que s’était fixé le projet européen SYLFEED. Le projet, mené sur la période 2017-2021, a rassemblé dix partenaires qui ont créé une chaîne de valeur permettant de transformer le bois en protéines, puis d’élaborer et de valider un nouvel ingrédient baptisé SylPro®. Cet ingrédient, qui contient 60% de protéines, a été testé avec succès dans les régimes alimentaires de tilapias, de saumons, et de truites. Comparativement à d’autres sources de protéines (farine de poissons, soja…), l’aliment SylPro® a aussi un impact réduit sur l’environnement. Au final, ce projet offre une solution alternative et durable pour la production de protéines.

Le projet SYLFEED est un projet européen visant à transformer la biomasse forestière en produits riches en protéines pour l’alimentation animale, et plus spécifiquement pour l’aquaculture. Ce projet a été réalisé sur la période 2017-2021, et s’est conclu par la présentation des résultats et de l’ingrédient SylPro®, élaboré et testé au cours de ces recherches.

Coordonné par la société franco-américaine Arbiom, le projet a rassemblé 10 partenaires issus de la recherche et de l’industrie, avec des compétences et des domaines d’expertises complémentaires, permettant ainsi de couvrir toute la chaîne de transformation du bois jusqu’à l’élaboration des aliments.

Pour transformer la biomasse forestière, le projet a utilisé la technologie de fractionnement de la lignocellulose, technologie développée par Arbiom. Le procédé, qui a fait l’objet d’une demande de brevet américain, consiste à convertir la cellulose et l’hémicellulose du bois en sucres puis en protéines. Concrètement, un prétraitement des résidus de bois (chutes de scierie…) avec une attaque acide permet de fractionner la lignocellulose du bois pour récupérer la cellulose et l’hémicellulose. Puis, une hydrolyse enzymatique de ces composés libère des sucres. Ensuite, la fermentation de ce milieu sucré, en présence de levures sélectionnées par Arbiom, conduit à l’obtention d’un produit protéiné.

Les différentes phases du projet ont donc mobilisé les partenaires selon leurs compétences :

Le nouvel ingrédient SylPro® se caractérise par une teneur en protéines brutes de 60%. Pour évaluer notamment ses propriétés nutritionnelles, il a été incorporé dans les régimes alimentaires de tilapias du Nil, de saumons (juvéniles), de truites arc-en-ciel.

 

Pendant 4 semaines, des tilapias ont été nourris avec un mélange de protéines végétales (farine de gluten de maïs, tourteau de soja, tourteau de tournesol) comprenant aussi l’ingrédient SylPro® à différents taux d’inclusion (0%, 10%, 20%, et 30%). En comparaison à un groupe témoin de tilapias nourris avec des aliments conventionnels, aucune différence n’a été relevée au niveau de la croissance des poissons (mesurée en gain de poids corporel).

 

D’autres essais sur la digestibilité de SylPro® ont été menés sur des saumons juvéniles. Durant 5 semaines, le régime alimentaire de ces saumons a inclus, en quantités différentes, le nouvel aliment en complément ou en remplacement des farines de poissons et des protéines végétales. Jusqu’au taux d’inclusion de 20% de SylPro® dans le régime alimentaire, les résultats n’ont pas mis en évidence de différences statistiques au niveau du gain de poids corporel et de la mortalité des saumons.

 Enfin, des truites arc-en-ciel ont été nourries avec l’ingrédient SylPro®, en remplacement de farines de poissons et/ou d’aliments riches en protéines végétales. Les résultats obtenus ont mis en évidence une très bonne digestibilité de l’aliment, et il n’a pas été relevé de différences statistiques au niveau de la mortalité.

Au vu de l’analyse du cycle de vie de cet ingrédient, et des données collectées sur l’indice de conversion (FCR), le taux de croissance spécifique (SGR), le gain de poids (BWG) pour un taux d’inclusion allant jusqu’à 20%, l’aliment SylPro® apparaît donc comme un substitut potentiel aux farines de poissons et aux protéines végétales.

  

Au final, ce projet, soutenu financièrement par le BBI JU (Bio-based Industries Joint Undertaking) dans le cadre du programme Horizon 2020, a permis d’établir une chaîne de valeur pour couvrir toutes les étapes permettant de passer « du bois à l’alimentation » (de l’approvisionnement en résidus de bois à la validation du produit final). Il offre aussi une solution alternative et durable pour la production de protéines, dans un contexte de demande croissante en protéines en Europe.

 

 Sources :

 Demande de brevet US2017159089 : « Method of producing glucose from a cellulosic biomass using enzymatic hydrolysis », (demande de brevet antérieure au projet européen)

 

Contributeur :

CCI Région Hauts-de-France

Après la publication d’études sur l’aquaculture multi-trophique intégrée (AMTI) et les systèmes d’aquaculture en recirculation (RAS), l’EUMOFA a organisé une conférence en ligne intitulée « Impact des nouvelles technologies aquacoles : potentiel de croissance sur le marché européen ».

Avec pour point de départ les deux études, la conférence a abordé l‘impact sur le marché des techniques et technologies innovantes liées à l’aquaculture. L’événement a fait appel à des intervenants externes pour résumer la situation actuelle, sur le terrain et explorer les perspectives offertes par les deux secteurs.

Intervenants : Birgit Van Tongelen, Commission européenne/DG MARE Frank Kane, expert IMTA, Marine Institute (Irlande) Jacob Bregnballe, expert RAS, groupe AKVA (Danemark)

Modérateur : Maren Bøe, équipe EUMOFA.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Présentation en anglais :

Durant les dernières décennies, la généralisation de l’élevage mono-spécifique intensif dans la filière piscicole et l’intensification des échanges de poissons et semences ont complexifié la gestion sanitaire des élevages dans les bassins de production en favorisant l’émergence d’agents pathogènes tels que les rhabdovirus responsables de la septicémie hémorragique virale (SHV) et de la nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI).

Une surveillance appropriée, qui concerne en premier lieu les élevages de salmonidés (qui occupent la première place dans la production piscicole française) mais également la pisciculture d’étang, a été mise en place pour contrôler ces maladies. Elle a été renforcée en 2017 par le lancement d’un Plan National d’Eradication et de Surveillance (PNES) soutenu financièrement par l’Union Européenne, plan dont l’objectif est d’obtenir à moyen terme le statut indemne pour la SHV et de NHI pour l’ensemble du territoire français. Sur la période 2016-2020, les résultats de la surveillance confirment le maintien d’une situation sanitaire stable sur le territoire vis-à-vis de ces deux maladies mais également de l’herpèsvirose de la carpe (HVC), détectée régulièrement depuis plus d’une décennie en France.

Contributeur :

ANSES

 

La Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture (DPMA) du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation vient de publier la stratégie nationale de développement de l’aquaculture 2021-2027.

La production nationale en produits aquatiques ne couvre qu’un quart de la consommation des Français. Or, l’appétence des consommateurs pour ces produits s’est fortement accrue depuis 30 ans, faisant de la France un des principaux marchés européens. L’activité de pêche étant fortement encadrée par la disponibilité des stocks halieutiques, le développement de la production des filières aquacoles françaises serait un moyen de répondre à cette demande supplémentaire, en assurant un approvisionnement local et réduisant ainsi les importations.

Le développement de l’aquaculture est un enjeu stratégique bien identifié par la FAO et l’Union européenne comme source d’aliments sains, d’emplois et de revenus pour les populations locales, et de souveraineté alimentaire. L’aquaculture présente en France, sur le territoire métropolitain comme dans les régions ultra-périphériques (RUP), un fort potentiel de croissance. Elle se doit de répondre aux attentes de la société et des citoyens, et de maintenir un haut niveau de performance économique et environnementale. Relever ce défi nécessite donc de concilier le développement des filières avec les enjeux environnementaux et sociétaux.

Dans ce contexte, la stratégie nationale aquacole dresse un état des lieux des freins et leviers d’action, et identifie, pour chaque objectif, les actions à mettre en œuvre pour les atteindre et les acteurs identifiés pour porter ces actions. La stratégie sera portée au moyen d’un comité de pilotage annuel afin de dresser un bilan régulier de l’avancée des actions.

La stratégie nationale aquacole se présente sous la forme de huit fiches actions pour huit thématiques transversales à toutes les filières, définies en se basant sur les lignes directrices de la Commission, et portées par le programme opérationnel du Feampa :

  1. Simplification des procédures administratives et accès à l’espace
  2. Sanitaire et zoosanitaire en aquaculture, et bien-être des poissons
  3. Recherche & innovation
  4. Gestion des risques climatiques, sanitaires, zoosanitaires, environnementaux
  5. Favoriser le développement économique des filières aquacoles
  6. Attractivité des métiers et formation
  7. Augmentation de la valeur ajoutée des produits de l’aquaculture et performance environnementale des entreprises aquacoles
  8. Collecte et valorisation des données aquacoles

Chaque fiche action est composée d’un état des lieux et d’un plan d’action, comprenant les acteurs, un calendrier et la participation éventuelle du Feampa pour chaque action, afin de disposer d’une stratégie concrète poursuivant l’objectif de performance économique et environnementale de l’aquaculture. Les spécificités de la pisciculture d’étangs et de l’aquaculture dans les régions ultra-périphériques ont été prises en compte.

 

Réalisée en 2021, l’enquête Aquaculture 2020 mesure le volume et la valeur de la production aquacole en France métropolitaine pour l’exercice comptable 2020. Elle évalue également l’emploi concerné par ces activités ainsi que les surfaces exploitées.

L’enquête « Cultures marines » a eu lieu pour la première fois en 1997. Désormais la pisciculture en étangs et la culture d’algues et cyanobactéries sont ajoutées au champ de l’enquête annuelle, à la suite de leur premier recensement en 2018.

Pour télécharger le rapport, cliquez ici.

Les 5 missions de Horizon Europe ont été lancées fin septembre et elles rentrent dans leur phase de mise en œuvre.

Les missions de l’UE sont une nouveauté du programme de R&I Horizon Europe pour les années 2021-2027. Ils constituent un nouveau moyen d’apporter des solutions concrètes à certains des plus grands défis européens et fourniront des résultats concrets en combinant la R&I avec de nouvelles formes de gouvernance et de collaboration ainsi que de nouvelles façon d’engager les citoyens.

L’un des 5 domaines de la mission est « Restaurer nos océans et nos eaux d’ici 2030 », également appelée « Mission Starfish ». Ce domaine de mission soutiendra des actions avec des objectifs mesurables et quantifiables pour restaurer les écosystèmes et la biodiversité, éliminer la pollution et rendre l’économie bleue circulaire et neutre en carbone.

Suite à la présentation du rapport intermédiaire (juin 2020), le plan de mise en œuvre STARFISH a été publié accompagné d’une fiche d’information en septembre 2021.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Le Natural Resources Institue Finland (LUKE) a développé et breveté une ferme aquacole modulaire. La particularité de cette ferme réside dans sa construction : elle utilise en effet des conteneurs maritimes fonctionnant comme des unités de pisciculture, avec une mise en oeuvre de type « Plug  » and Play ». Prêt à l’emploi, chaque conteneur comprend ainsi un bassin et les technologies de recyclage et de traitement de l’eau. Modulaire, évolutive, rapide à assembler, l’installation mobilise des investissements moindres comparés aux systèmes classiques à recirculation d’eau (RAS). Cet équipement fait l’objet, actuellement, d’un test sur site, en Finlande.

Les systèmes d’aquaculture en recirculation (RAS) existent depuis déjà plusieurs années, et suscitent toujours autant d’intérêt. Pourtant les coûts d’investissements nécessaires à ces installations restent élevés, et la rentabilité du concept RAS pour les fermes de grossissement n’est pas avérée. Face à ces dispositifs, le Natural Resources Institue Finland (LUKE) a développé une installation modulaire d’élevage aquacole.

 

Cette installation novatrice a fait l’objet d’un dépôt de brevet, et se caractérise par l’utilisation de conteneurs maritimes comme unités de pisciculture, et par des coûts d’investissement moindres. En effet, chaque conteneur constitue un module prêt à l’emploi, avec une mise en œuvre de type « Plug & Play ». Le module comprend ainsi un bassin piscicole et les technologies nécessaires au recyclage et au traitement de l’eau.

Le LUKE met en avant plusieurs avantages de sa nouvelle installation et de sa technologie, tels que des économies sur les coûts de fabrication et d’installation ; une structure évolutive ; un montage rapide de l’installation, permettant aussitôt le démarrage de la production ; une faible consommation d’eau, une efficacité énergétique… Par ailleurs, les modules peuvent être facilement transportés et disposés aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de bâtiments, aucune canalisation souterraine n’étant nécessaire, et seuls des raccordements à l’eau et à l’électricité sont requis sur place. De même, l’installation peut fonctionner en recirculation partielle comme en recirculation complète.

  

Un prototype de cette ferme modulaire est en test actuellement dans la ville de Laukaa, en Finlande. Il permettra de valider la faisabilité économique de ce concept, et d’établir la stratégie commerciale pour cet équipement.

 

Cette installation a fait l’objet d’un dépôt de brevet selon la procédure finlandaise (en mai 2020), et d’une demande internationale PCT de brevet (en mai 2021), sous le titre « Water circulation and aeration system for aquaculture facility, related facility methods ans use ». Les documents relatifs à ces demandes ne sont pas encore publiés.

 
 

 Sources :

 

 Contributeur :

CCI de Région Hauts-de-France

L’EATIP (European Aquaculture Technology and Innovation Platform) est une plateforme qui a pour objectif de développer, soutenir et promouvoir la technologie et l’innovation au sein de la filière de l’aquaculture à l’échelle européenne.

Créée en 2007, l’EATIP est reconnue comme un acteur clé par la Commission européenne. Elle réunit des membres représentant l’ensemble de la filière aquacole (des producteurs aux distributeurs en passant par les transformateurs), des organisations professionnelles et des centres de recherche.

Afin de déployer ses activités dans les Etats membres, des plateformes miroirs ont été établies. AQUIMER pilote la plateforme miroir française de l’EATIP. Lieu de partage et d’échanges sur les problématiques françaises de recherche et d’innovation en aquaculture, son rôle est de :
– recenser les besoins des acteurs français afin d’orienter les futurs appels à projets européens,
– identifier des partenaires potentiels et consortia en cours de montage sur les thématiques d’intérêts et ainsi mieux positionner les acteurs français dans les projets européens.

Au programme de cette réunion :

Avec les interventions de David Bassett, Secrétaire Général de l’EATIP et l’équipe du Pôle AQUIMER

 

Projet OXYVIR : les résultats du projet sont maintenant accessibles ! Développement d’une méthode d’estimation du caractère infectieux des norovirus dans les coquillages bivalves vivants.

Les norovirus humains, responsables des gastro-entérites aiguës, sont la principale cause d’épidémies virales d’origine alimentaire dans le monde. Lorsque les situations épidémiologiques et/ou environnementales sont défavorables comme cela a été le cas durant l’hiver 2019-2020, les coquillages bivalves vivants peuvent être particulièrement vulnérables vis-à-vis de la contamination par les norovirus humains au niveau des zones de production conchylicoles.

À ce jour, aucune méthode fiable et sensible n’est disponible pour détecter les norovirus infectieux dans les aliments à risque. La seule méthode utilisable en routine repose sur la détection du génome des norovirus par RT-qPCR sans pouvoir dissocier les virus infectieux des virus non infectieux. Ce biais majeur a pour conséquence d’entrainer le retrait potentiellement injustifié de lots du marché par application du principe de précaution dès lors que du génome de norovirus est détecté dans un échantillon, alors même que le risque sanitaire pour le consommateur n’est pas prouvé.

Dans ce contexte, l’ambition du projet OXYVIR, financé par le FEAMP mesure 47, consistait à mettre au point une méthode de dosage (directe ou indirecte) des norovirus infectieux dans les coquillages bivalves vivants qui soit discriminante, précise, sensible et économiquement compétitive.

Les objectifs de ce projet ont été partiellement atteints. Bien que des avancées scientifiques majeures aient été obtenues dans les trois approches investiguées, les partenaires du projet ne sont pas encore en mesure de proposer une méthode fiable qui soit accessible aux demandeurs et utilisateurs finaux. Cependant, une des approches est arrivée à un niveau de maturité suffisant pour espérer aboutir à une méthode robuste à court terme. Elle repose sur la détection de certains bactériophages fécaux (phages ARN F-spécifiques du groupe II et/ou les Microviridae) comme indicateurs du danger à norovirus dans les coquillages. L’ensemble des résultats et des publications scientifiques émanant de ce projet OXYVIR sont accessibles.

La validité de ces indicateurs phagiques pour estimer la présence de norovirus infectieux dans les coquillages sera démontrée au niveau des zones de production conchylicoles et lors du suivi des étapes de purification en bassin dans le cadre du projet OXYVIR 2. Le consortium partenarial sera élargi avec l’apport de nouvelles compétences indispensables à la réussite de ce projet. Il s’agira surtout de démontrer de manière plus robuste une corrélation significative entre la présence de ces bactériophages fécaux infectieux et celle des norovirus infectieux dans les coquillages.

 

Cet Appel à Manifestation a pour objectif de cofinancer des projets permettant d’améliorer la surveillance et l’évaluation de l’état des milieux aquatiques français dans le cadre de plusieurs directives européennes dont la DCE, la DCSMM et la DHFF. Lors de ce Rendez-Vous AQUIMER, Doriane vous présentait les modalités de candidature.

La présentation est disponible au téléchargement ci-après.

 

Ils soutiennent Aquimer