Cette étude porte sur le marché des huîtres vivantes dans trois États membres de l’UE : la France, l’Irlande et les Pays-Bas.
L’étude analyse la production de moules et les tendances du marché au niveau de l’UE, en se concentrant sur la formation des prix le long de la chaîne d’approvisionnement en Espagne, France, Italie et Irlande.
L’UE est le deuxième plus grand producteur de moules au monde. En 2020, elle a produit environ 430.800 tonnes, représentant ainsi 20% de la production mondiale de moules. L’Espagne est de loin le principal producteur de l’UE (47% de la production de l’UE en 2020), suivie de la France (14%), de l’Italie (12%), des Pays-Bas (8%), du Danemark (7%), de la Grèce (4%) et de l’Irlande (3%). La même année, l’offre totale de moules s’est élevée à 552.636 tonnes ÉPV, provenant principalement de la production de l’UE (78% de l’offre de l’UE) et dans une moindre mesure des importations (22% de l’offre de l’UE). Les importations de l’UE en provenance des pays tiers concernent principalement les produits en conserve, le Chili étant le principal fournisseur. En 2020, la consommation apparente au niveau de l’UE a été estimée à 537.212 tonnes ÉPV, avec une consommation par habitant estimée à 1,2 kg. Dans l’UE, la chaîne de valeur des moules est encore très spécifique à chaque pays. La production en France et en Italie est principalement destinée au marché intérieur et est complétée par des importations, tandis que la production espagnole approvisionne à la fois le marché intérieur et les autres États membres de l’UE et que la production irlandaise est principalement orientée vers l’exportation. La consommation diffère également en termes de quantités consommées par habitant ainsi qu’en termes de taille, de présentation (fraîches, surgelées, en conserve) et en fonction d’autres types de segmentation du marché (p. ex. biologique, certification de qualité, etc.). Les principaux résultats de l’analyse de la structure des prix en Espagne, France, Italie et Irlande sont les suivants :
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Les prix de première vente varient entre 0,66 EUR/kg en Espagne et 1,60 EUR/kg en France pour les « moules de bouchot », en fonction de l’espèce, de la qualité de la moule, du pays d’origine et de la certification.
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On constate une différence de prix des moules en fonction du marché final en Espagne, en France et en Irlande. Par exemple, en France les moules vendues aux restaurants sont vendues à des prix plus élevés que celles vendues à la grande distribution (2,60 EUR/kg contre 2,30 EUR/kg).
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Les prix dans la grande distribution (hors TVA) pour les moules étaient différents sur les marchés italien, espagnol et français : il était d’environ 2,65 EUR/kg en Italie, 3,00 EUR/kg en Espagne et 3,60 EUR/kg en France pour les « moules de bouchot » et 3,71 EUR/kg pour les moules irlandaises (importées en vrac d’Irlande pour être préparées par un acheteur français). Le coût de la matière première représente 20% du prix final au stade de la vente au détail en Espagne, 26% en Italie et 44% en France.
En mai 2022, le rapport EUMOFA sur l’aquaculture biologique dans l’Union Européenne (UE) est paru. La production aquacole biologique de l’UE a été analysée selon les Etats membres, les espèces majoritairement produites mais également les leviers et les obstacles que rencontrent ce secteur dans son développement. Des scénarii de développement ont également été émis montrant ainsi ce que pourrait être un développement selon une version ‘optimiste’ et une version ‘pessimiste’. Cette synthèse, réalisée par AQUIMER, s’intéresse plus particulièrement à la filière française et aux problématiques rencontrées.
Téléchargez le rapport EUMOFA ainsi que la synthèse ci-après.
Actuellement en Norvège, avant l’abattage, le poisson est étourdi via une décharge électrique ou un coup sur la tête, mais dans certains cas, ces méthodes ne fonctionnent pas et laissent le poisson conscient et blessé. A l’institut norvégien Nofima, Svein Kristian Stormo a travaillé sur le sujet et propose d’utiliser un bain rapide et froid de saumure surfondue, pour étourdir le saumon d’une manière plus simple et plus sûre. Les expériences réalisées sur un nombre très limité de poissons (saumons de moins de 1 kg et poissons sauvages de moins 500 g) ont mis en évidence un étourdissement de la plupart des individus, sans réaction brusque ou réaction de panique. Malgré la portée très limitée de cet essai, les chercheurs ont estimé que la méthode présente un potentiel, et pourrait servir pour l’abattage d’autres produits de la mer (poissons transformés à bord des bateaux, crevettes…).
Sources :
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Un projet d’élevage de poulpes, aux Canaries, a suscité de vifs débats, dont le journal Le Monde s’est fait l’écho en mai dernier. Alors que sa demande mondiale a explosé et que son commerce international a doublé, dans la dernière décennie, seul le poulpe sauvage est aujourd’hui consommé.
L’article rappelle que ce sont des chercheurs de l’Institut espagnol d’océanographie qui ont été les premiers à parvenir à boucler le cycle complet de reproduction de l’animal, en introduisant des larves d’artémies dans son alimentation. Cette découverte, qui a fait l’objet d’une publication dans la revue Aquaculture Research, a ouvert la voie à l’élevage du céphalopode. Les critiques suscitées par ce projet sont d’ordre environnemental, puisqu’il nécessiterait d’accroître la pression de pêche pour nourrir ces carnassiers. Elles sont aussi éthiques. En effet, les poulpes sont reconnus comme étant des animaux « intelligents » d’où des questions de bien-être animal jusqu’ici non traitées pour les invertébrés, comme le relevait un rapport de la London School of Economics.
Sources :
Le Monde, Aquaculture Research
Source :
La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture » est un rapport phare de la FAO. Publié tous les deux ans, il a pour objectif de fournir une vue d’ensemble objective et globale des pêches de capture et de l’aquaculture, y compris des problèmes de politique générale, aux responsables politiques, aux acteurs de la filière et au grand public.
Le concept de transformation bleue a été élaboré lors de la trente-quatrième session du Comité des pêches de la FAO, en février 2021, dans le cadre notamment des négociations relatives à la Déclaration sur la durabilité de la pêche et de l’aquaculture, qui a été approuvée par tous les Membres de l’Organisation. La Déclaration appelle à soutenir «une vision positive et évolutive de la pêche et de l’aquaculture au XXIe siècle, celle d’un secteur dont la contribution à la lutte contre la pauvreté, la faim et la malnutrition est appréciée à sa juste valeur». Dans ce contexte, la première partie de la présente édition de La Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture fait le bilan de la situation des pêches et de l’aquaculture dans le monde, et les deuxième et troisième parties sont consacrées à la transformation bleue et à ses piliers en faveur de l’intensification et l’expansion de l’aquaculture, de l’amélioration de la gestion des pêches et de l’innovation dans les chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture. La transformation bleue met en avant la nécessité, dans les années à venir, de lancer ou d’accélérer les mesures audacieuses, tournées vers l’avenir, qui permettront d’atteindre les objectifs de la Déclaration et d’appuyer le Programme 2030.
L’édition 2022 de La Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture coïncide avec le lancement de la Décennie d’action des Nations Unies pour la réalisation des objectifs de développement durable, la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable et la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. Elle montre comment ces décennies et d’autres initiatives tout aussi importantes des Nations Unies, comme l’Année internationale de la pêche et de l’aquaculture artisanales (AIPAA 2022), sont intégrées et appuyées par l’intermédiaire de la transformation bleue – l’un des domaines prioritaires du nouveau Cadre stratégique 2022 2031 de la FAO, destiné à accélérer la concrétisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 dans l’alimentation et l’agriculture.
La quatrième partie est consacrée aux nouveaux enjeux à fort impact de notre époque – covid 19, changement climatique et égalité des genres – qui appellent un examen approfondi des mesures porteuses de transformation et des activités de préparation nécessaires pour assurer la durabilité, l’efficience et l’équité des pêches et de l’aquaculture, et se conclut par un aperçu des tendances futures dessinées par les projections.
La Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture a pour finalité de présenter des informations objectives, fiables et actualisées à un large éventail de lecteurs – décideurs, gestionnaires, scientifiques, parties prenantes et, plus généralement, toute personne s’intéressant au secteur de la pêche et de l’aquaculture.
La start-up néerlandaise ReShore a réactualisé le concept de brise-lames flottant, en intégrant une activité d’aquaculture à ce système de protection côtière. Baptisé « Living Breakwater », le nouveau brise-lames est constitué de pontons tubulaires, sous lesquels sont accrochées et immergées des cages dédiées à la culture de coquillages. L’ensemble de la structure est aussi stabilisé par des lignes de culture d’algues déployées de part et d’autre de la ligne de pontons. Outre la protection du littoral côtier contre l’érosion, ce dispositif présenterait l’avantage de recréer un écosystème marin, d’améliorer la qualité de l’eau, et de permettre une production aquacole. Des tests grandeur réelle sont prévus.
Créée en 2020, et basée aux Pays-Bas, la start-up ReShore a développé un dispositif de brise-lames flottant, qui combine les fonctions de protection côtière et de structure d’aquaculture.
Ce nouveau brise-lames, appelé « Living Breakwater », comporte plusieurs éléments :
- des pontons doubles tubulaires, de 15 mètres de long et alignés les uns à la suite des autres,
- des cages de conchyliculture, accrochées sous les pontons et immergées pour l’élevage d’huîtres, de moules, d’éponges,
- des lignes de culture d’algues déployées latéralement de chaque côté des pontons, pour stabiliser la structure,
- et des récifs artificiels, disposés sous le brise-lame pour ancrer le système.

Selon Mitchell Williams et Frej Gustafon, à l’origine de ce brise-lames et fondateurs de la start-up, le nouveau dispositif présente plusieurs avantages, comparé aux réalisations traditionnelles telles que les digues, les brise-lames fixes qui sont coûteux à construire, à entretenir, et peuvent aussi contribuer à l’érosion des sols et à la disparition des habitats marins.
En effet, le « Living Breakwater » permet de restaurer l’écosystème marin et favorise la biodiversité, en apportant des habitats grâce aux récifs artificiels. La présence d’espèces à faible valeur trophique (coquillages bivalves, algues) participe aussi à la régénération de l’environnement, tout comme elle contribue à améliorer la qualité de l’eau. Cette activité d’aquaculture permet également d’atténuer la force des vagues, que ce soit en profondeur avec les cages de conchyliculture ou en surface avec les algues.
Pour la start-up Reshore, le nouveau brise-lames offre une solution alternative et écologique aux brise-lames traditionnels. L’entreprise étudie les marchés potentiels et les lieux possibles d’installation (marinas, ports, fermes piscicoles…). Cette année, elle va mener une levée de fonds pour réaliser des tests en situation réelle, et envisage la commercialisation du produit en 2023.
Sources :
Contributeur :
CCI Région Hauts-de-France
L’aquaponie
Ce dossier thématique vous propose d’aborder plusieurs aspects de l’aquaponie avec sa compréhension (composition, matériel, interactions, les avantages, les inconvénients…), mais également de passer en revue les aspects règlementaires qui seront à respecter, les formations pouvant vous aider, les dispositifs de financements etc…
L’aquaponie est une technique de culture qui permet à la fois une production aquacole et une production végétale. Cette technique semble s’établir de plus en plus en France, en Europe et au-delà permettant de s’affranchir de contraintes liées au climat et au sol et possiblement de résoudre le problème de production de produits locaux dans certaines zones très urbanisées et/ou isolées.
Néanmoins, cette technique nécessite des connaissances dans les domaines de l’aquaculture, de l’agriculture, de la chimie de l’eau… Il est nécessaire de bien comprendre tout ce qui se cache derrière le mot « aquaponie ».
Replay du Rendez-vous AQUIMER :
Aux Etats-Unis, l’université de Stanford a évalué le potentiel commercial de la transformation du méthane en aliments pour poissons. En effet, des chercheurs ont utilisé des bactéries méthanotrophes (qui se développent en consommant le méthane) pour convertir ce gaz en une biomasse riche en protéines, et obtenir une farine de poisson « méthanotrophe ».
Pour évaluer les coûts de production de cette farine, les chercheurs ont ensuite modélisé plusieurs scénarios impliquant l’utilisation de méthane naturel ou de méthane généré par les activités humaines. Ainsi, l’étude, qui se limitait aux États-Unis, a mis en évidence des coûts de production inférieurs au prix du marché de la farine de poisson conventionnelle si le procédé utilisait du méthane émis par les décharges, ou par les installations pétrolières et gazières. Au final, la transformation du méthane en farine de poisson apparaît être une solution rentable et intéressante, notamment pour répondre à la demande croissante en farine de poisson.
Le méthane est qualifié de gaz à effet de serre, car il contribue au réchauffement climatique de la planète. Même s’il est naturellement présent dans l’atmosphère, ce gaz est surtout généré par les activités humaines. Des quantités importantes de méthane sont produites chaque jour, mais la plupart de ces émissions n’est pas exploitée. Pourtant, le méthane dégagé pourrait être réutilisé.
En effet, aux Etats-Unis, des chercheurs de l’université de Stanford ont identifié un procédé innovant, qui permettrait de transformer le méthane en nourriture pour les poissons d’élevage. Cette solution a fait l’objet d’une étude pour évaluer le potentiel commercial de cette démarche.
Concrètement, le procédé de conversion du méthane repose sur l’utilisation de bactéries particulières : des bactéries méthanotrophes, qui se développent en consommant du méthane. Ces bactéries sont cultivées dans un bioréacteur réfrigéré, rempli d’eau et alimenté en méthane, oxygène et nutriments (azote, phosphore, …). Il en résulte une biomasse riche en protéines qui peut servir comme farine de poisson dans l’aquaculture.
Pour évaluer le potentiel commercial de cette solution aux Etats-Unis, les auteurs de l’étude, Sahar El Abbadi et Craig Criddle, ont modélisé plusieurs scénarios avec différentes variables telles que le coût de l’électricité, et la source de méthane (méthane naturel, méthane émis par les décharges, par les usines de traitement, ou par les installations pétrolières et gazières).
Il ressort de cette analyse que, dans les scénarios impliquant du méthane capté dans les décharges d’une part, et dans les installations pétrolières et gazières d’autre part, les coûts de production de la farine de poisson « méthanotrophe » étaient inférieurs au coût moyen du marché des 10 dernières années (respectivement 1 546 $ et 1 531 $ la tonne contre 1 600 $ la tonne). Tandis que, dans le cas du méthane capté au niveau des usines de traitement des eaux usées, les coûts de production étaient légèrement supérieurs (1 645 $ la tonne) au coût moyen. Enfin, le scénario mettant en œuvre du méthane naturel, provenant du réseau de distribution de gaz, a mis en évidence des coûts de production les plus élevés (1 783 $ la tonne), en raison du prix d’achat du gaz.
Par ailleurs, il apparaît que, pour chaque scénario, le coût de l’électricité constituait la dépense la plus importante et représentait, en moyenne, plus de 45% du coût total. Cependant, dans certains Etats américains (notamment le Mississippi et le Texas) où les coûts de l’électricité sont bas, les coûts de production de la farine de poisson « méthanotrophe » affichaient alors une baisse de 20% (soit 1 214 $ la tonne) par rapport au coût moyen.
Selon les chercheurs, une optimisation de la conception des bioréacteurs (par exemple, amélioration du transfert de la chaleur) pourrait permettre de faire baisser encore les coûts de l’électricité. De même, dans le cas du méthane capté au niveau des usines de traitement des eaux usées, il serait judicieux d’utiliser ces eaux usées pour fournir l’azote et le phosphore, et pour refroidir le bioréacteur.
Au global, en améliorant la mise en œuvre pour faire baisser les coûts de production de 20%, ce procédé de fabrication de farine de poisson « méthanoptrophe » serait alors rentable. Il permettrait de répondre aussi à la demande croissante en farine de poisson, et constituerait une solution alternative à l’alimentation basée sur le soja.
Cette analyse a été publiée dans le journal Nature Sustainability sous le titre : » Displacing fishmeal with protein derived from stranded methane« .
Sources :
- https://www.aquafeed.com/af-article/11046/Fish-feed-from-captured-methane-can-be-profitable-research-finds/
- https://thefishsite.com/articles/methane-to-fishmeal-project-could-be-a-profitable-food-security-solution
- https://earth.stanford.edu/news/economics-making-fish-feed-stranded-methane#gs.re2pn2
Contributeur :
CCI Région Hauts-de-France
Au Pays de Galles, les chercheurs des universités de Bangor, Cardiff et Aberystwyth se sont intéressés à la chronobiologie et à l’impact de l’éclairage continu chez les poissons d’élevage. L’étude a été menée sur des truites arc-en-ciel. Elle a mis en évidence qu’un éclairage continu modifiait la composition du microbiome cutané, qui assure une première barrière de défense contre les agents pathogènes. De même, l’activité immunitaire était plus faible, et des truites infectées par les poux Argulus foliaceus avaient plus de difficultés à combattre l’infection lorsqu’elles étaient sous un éclairage constant. Les données recueillies ont ainsi souligné l’importance du rythme biologique en fonction du cycle jour-nuit, et ses effets sur la santé du poisson.
Dans les élevages piscicoles, les poissons sont souvent exposés à la lumière en continu, pour notamment favoriser leur croissance ou contrôler leur reproduction. Pourtant, cette pratique serait néfaste pour leur horloge biologique et leur immunité, selon une étude menée par les universités britanniques de Bangor, Cardiff et Aberystwyth, et réalisée respectivement par les chercheurs Amy Allison (1), Jo Cable (2), et David Wilcockson (3).
Ces recherches ont été conduites sur des truites arc-en-ciel, et ont souligné chez les animaux, l’importance de la « chronobiologie », qui étudie les rythmes biologiques dans l’organisme, et son rôle dans la préservation de leur santé.
Comme l’explique Amy Allison, la truite arc-en-ciel présente un rythme circadien (rythme quotidien, sur 24 heures) pour son activité immunitaire. Au fil de la journée et du cycle jour-nuit, ce rythme circadien semble influencer la composition de son microbiome cutané. Or, ce microbiome, formé par les différents micro-organismes présents sur la peau du poisson, constitue le premier moyen de défense du poisson contre les parasites et les agents pathogènes, et contribue à protéger la santé du poisson.
Lors de cette étude, les chercheurs ont suivi l’évolution de truites éclairées pendant des durées différentes. Ainsi, le premier groupe de poissons était sous la lumière pendant 12 heures puis 12 heures dans l’obscurité, tandis que le deuxième groupe était éclairé en continu pendant 24 heures. Les scientifiques ont aussi comparé l’expression des gènes immunitaires de poissons sains et de poissons infectés par les poux Argulus foliaceus.
Les éléments recueillis ont mis en évidence que, sous une lumière constante, la composition du microbiome des poissons était moins diversifiée. De même, lors d’une infection par les poux Argulus foliaceus, l’expression des gènes immunitaires était plus faible chez les truites maintenues sous lumière constante, et les poissons avaient plus de difficultés à éliminer cette infection. Les recherches ont, par ailleurs, aussi révélé que les infections dues aux poux modifiaient sensiblement la population de micro-organismes vivants sur la peau du poisson et favorisaient la prolifération de bactéries pathogènes.
Au final, les auteurs de cette étude soulignent que l’élevage de poissons sous lumière constante a un impact important sur le microbiome et l’activité immunitaire. Comme ils le spécifient, dans l’aquaculture, maintenir un microbiome « sain » présente un intérêt certain pour améliorer la résistance des poissons face aux maladies. De même, les auteurs relèvent qu’utiliser la rythmicité de l’activité immunitaire (savoir quand les poissons sont les plus vulnérables aux attaques d’agents pathogènes) n’est pas encore appliqué aujourd’hui dans les élevages d’animaux, mais que cette démarche pourrait être étudiée pour préserver la santé et le bien-être des poissons d’élevage, à l’image de la chronothérapie qui détermine le moment approprié pour administrer des vaccins et des traitements chez l’homme.
L’étude a été publiée dans le journal Microbiome sous le titre « Circadian dynamics of the teleost skin immune-microbiome interface« .
(1) : School of Natural Sciences, Bangor University
(2) : School of Biosciences, Cardiff University
(3) : Institute of Biological, Environmental and Rural Sciences, Aberystwyth University
Sources :
- https://aquaculturemag.com/2022/01/15/the-first-studies-in-daily-rhythms-of-fish-microbiomes-shows-that-disrupting-their-body-clocks-is-bad-for-their-health/
- https://www.fishfarmingexpert.com/article/constant-light-made-fish-more-susceptible-to-lice/
- https://www.bangor.ac.uk/news/disrupting-the-body-clocks-of-fish-could-be-bad-for-their-health
Contributeur :
L’AFNOR va animer une Commission au niveau français pour suivre les travaux de la commission V45P consacrée aux sujets de la circularité et recyclabilité des engins de pêche et des équipements d’aquaculture.
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