Dans les systèmes d’aquaculture en circuit recirculé (RAS), le goût de vase, que peut avoir la chair des poissons, est dû à la présence de la géosmine et du 2-méthylisoborneol (MIB). Face à cette situation, les poissons sont alors transférés en « eau claire », et ne sont plus alimentés le temps d’éliminer ces composés de leurs tissus. Mais leur perte de poids impacte leur valeur marchande. Avec son dispositif de traitement électrochimique, la société israélienne BioFishency est parvenue à traiter ce problème, sans arrêter l’alimentation des poissons.

Des tests ont été menés sur des truites, et réalisés en collaboration l’institut israélien de technologie Technion. Ils ont montré que, sous l’action du dispositif BioFishency ELXTM, en moins de 10 jours, les 2 composés avaient été éliminés de l’eau et dans les tissus des truites, alimentées normalement pendant ce laps de temps. De tels résultats n’avaient jamais été obtenus jusqu’à présent.

Dans les élevages piscicoles fonctionnant en circuit recirculé (RAS), la chair de certains poissons peut prendre une saveur désagréable (off-flaveur). Bien souvent, deux composés sont responsables de ce goût déplaisant : il s’agit du 2-méthylisoborneol (MIB), qui donne un goût de moisi, et de la géosmine, qui donne un goût de vase ou un goût terreux. Avec son équipement BioFishency ELXTM, la société israélienne BioFishency serait parvenue à éliminer ces composés, tout en maintenant une activité normale de l’élevage.

Dans les systèmes RAS qui fonctionnent en circuit fermé, l’eau subit une série de traitements pour éliminer les déchets produits lors de l’élevage (fèces, aliments non consommés, composés ammoniacaux, composés azotés…) avant d’être réintroduite dans le circuit. Malgré l’utilisation de différents filtres mécaniques et biologiques, des cyanobactéries présentes dans le système peuvent produire de la géosmine et du MIB, qui s’accumulent alors dans l’eau puis dans la chair des poissons et donnent un goût désagréable aux poissons. Actuellement, la solution à ce problème consiste à stocker les poissons plusieurs jours en « eau claire », afin qu’ils éliminent ces composés avant leur commercialisation. Pendant ce laps de temps (environ une quinzaine de jours), les poissons ne sont pas nourris, et peuvent perdre jusqu’à 5% de leurs poids, ce qui occasionne aussi une diminution de leur valeur marchande.

Fournisseur de solutions électrochimiques et biologiques pour le traitement de l’eau des systèmes d’aquaculture RAS, la société israélienne BioFishency a voulu tester la capacité de son système BioFishency ELXTM à éliminer la géosmine et le MIB, sans à avoir à suspendre l’alimentation des poissons. Plusieurs tests ont ainsi été réalisés en collaboration avec l’institut israélien de technologie Technion.

Dispositif breveté, compact et facile à installer (plug and play), le système BioFishency ELXTM se caractérise par un système avancé de traitement électrochimique de l’eau (ECWT) qui permet, en un seul cycle, d’éliminer l’ammoniaque (transformé en azote gazeux) et de désinfecter l’eau. Présentant une faible empreinte carbone, le dispositif est adapté aussi bien pour les élevages d’espèces d’eaux froides que pour les élevages d’espèces d’eaux chaudes.

L’évaluation du BioFishency ELXTM a été menée sur des truites, en laboratoire et pendant une durée de 3 semaines. En pratique, les poissons ont été exposés à de l’eau enrichie en géosmine et en MIB. Le système de la société BioFishency a ensuite été activé, tandis que les truites étaient nourries normalement.

Il ressort de ces tests, qu’en 5 jours, l’ensemble du MIB présent dans l’eau a été éliminé, et qu’en 7 jours, le dispositif a bien oxydé la géosmine. De même, en 7 jours, le MIB n’a pas été détecté dans la chair des poissons, et en 10 jours, la géosmine a complètement été éliminée de la peau et des muscles des poissons.

Selon l’institut Technion, de tels résultats n’avaient jamais été obtenus auparavant. Ils confirment la capacité du dispositif à éliminer efficacement la géosmine et le 2-méthylisoborneol. Des tests supplémentaires vont d’ailleurs être menés sur des saumons.

Contributeur

CCI Hauts-de-France

Sources

 

Le 20 mars 2023, a été organisée une demi-journée de restitution des projets montés dans le cadre du Centre Normand de la Pêche, de l’Aquaculture et des Cultures marines (CENOPAC) entre 2019 et 2022. Retrouvez les présentations de ces projets dans cet article.

Ces projets portent sur les secteurs de la pêche, de la transformation, de l’aquaculture et des cultures marines.

 

Une étude, menée par l’université de Glasgow (Ecosse) et sa start-up SalmoSim, a mis en évidence que des vers de cire, nourris avec du polyéthylène basse densité (PEBD), fournissaient aux saumons d’élevage, un apport nutritionnel similaire à celui des farines d’insectes. Lors de tests de digestibilité, réalisés avec le modèle in-vitro SalmoSim® (un ensemble de bioréacteurs qui recrée le système gastro-intestinal du saumon), l’absorption des acides aminés était semblable entre les vers alimentés avec un régime traditionnel et les vers nourris au PEBD. La digestibilité de ces derniers était même légèrement supérieure. Les résultats obtenus sont encourageants, et montrent que ces vers pourraient constituer une source potentielle de protéines pour les saumons d’élevage. Cependant, des tests sur la sécurité alimentaire de ces vers nourris aux déchets plastiques doivent encore être réalisés.

Il est avéré aujourd’hui que les farines de poissons, riches en protéines et utilisées pour nourrir les poissons d’élevage, ont un impact important sur l’écosystème marin et les stocks de poissons, car elles sont produites à partir de poissons sauvages comme le maquereau, l’anchois, le lançon. L’aquaculture cherche donc des sources de protéines alternatives, et a déjà validé les farines d’insectes comme substituts potentiels. Toutefois, ces farines d’insectes restent coûteuses à produire en comparaison avec d’autres sources de protéines. Les vers de cire pourraient constituer une nouvelle solution et une alternative aux farines de poissons. C’est l’hypothèse qu’ont souhaité vérifier l’université de Glasgow et sa start-up SalmoSim, en Ecosse.

 Les vers de cire sont des chenilles blanchâtres, larves du « papillon des ruches », qui parasitent les ruches en dévorant la cire produite par les abeilles. Deux espèces de vers de cire font notamment l’objet d’élevage commercial, et elles peuvent être vendues dans les animaleries par exemple. On sait que ces vers sont riches en protéines, et récemment, on a découvert qu’ils étaient capables de dégrader et de digérer le polyéthylène, un composé difficilement recyclable que l’on retrouve dans les sacs plastiques. On a aussi constaté que les vers de cire pouvaient être alimentés avec du polyéthylène, sans que cela leur pose problème.

Partant de ces observations, l’université de Glasgow et sa start-up SalmoSim ont donc voulu vérifier le potentiel des vers de cire nourris au polyéthylène basse densité (PEBD), en tant qu’aliment plus accessible économiquement et source de protéines pour les saumons atlantiques d’élevage.

Une étude a ainsi été menée sur la digestibilité de ces vers par les poissons, et a utilisé le modèle in-vitro SalmoSim®, un outil développé par la start-up et recréant le système gastro-intestinal du saumon grâce à une série de bioréacteurs.

Pour l’expérience, un groupe de vers de cire était alimenté avec du PEBD (film alimentaire) et un groupe témoin de vers suivait un régime traditionnel, tandis que leurs croissances respectives étaient surveillées. Un gain de poids plus important pour les vers nourris au PEBD a d’ailleurs été constaté.

Des farines de vers ont ensuite été produites, sous forme poudreuse, et soumises aux différents étapes de digestion avec le système SalmoSim®. Pour calculer la digestibilité in-vitro, les concentrations de protéines brutes ont été comparées avant et après le test, et la quantité d’acides aminés absorbés a été déterminée par dosage spectrophotométrique.

Les résultats obtenus n’ont pas mis en évidence de différences significatives entre les groupes au niveau des acides aminés absorbés, ce qui laisse à penser que le régime alimentaire à base de plastique n’aurait pas d’influence sur l’absorption des acides aminés. Par ailleurs, la digestibilité globale des vers nourris au PEBD est apparue légèrement supérieure à celle des vers témoins.

Le bilan de ces premières investigations est encourageant. Il montre que les vers de cire, utilisés pour décomposer le plastique, pourraient constituer une source de protéines pour les saumons, tout en contribuant également à l’économie circulaire avec l’élimination de déchets de polyéthylène.

Néanmoins, les vers étant nourris avec du plastique, il reste à réaliser des tests de toxicité sur le saumon et à vérifier si cela peut entrer dans l’alimentation humaine en toute sécurité.

 Sources : 

Le Cerema a développé une rubrique consacrée aux sites d’aquaculture à la demande de la Direction Générale des Affaires Maritimes, de la Pêche et de l’Aquaculture. Cette rubrique est un centre de ressource de données à destination de toutes les parties prenantes et se veut aussi une vitrine de la filière et de l’activité pour le grand public.

Le site Géolittoral s’enrichit d’une nouvelle rubrique qui donne accès à une cartographie et un tableau de bord des données sur les sites d’aquaculture et un visualiseur qui permet d’approfondir certaines thématiques. Elle a été développée à la demande de l’Etat par le Cerema, en collaboration avec les Centres techniques conchylicole (Capena, SMEL, Cepralmar, SMIDAP).  

Un centre de ressources sur l’aquaculture dans sa diversité

Cette nouvelle rubrique sur le site Géolittoral a été développée dans le cadre du Plan Aquaculture d’Avenir 2021-2027. Destinée à l’ensemble des parties prenantes, services de l’Etat, organismes scientifiques ou techniques, acteurs économiques, elle permet d’accéder à des informations localisées à l’échelle souhaitée.

L’objectif de cette plateforme est de fédérer sous un même outil les différents acteurs du monde de l’aquaculture, afin qu’ils puissent avoir accès aux mêmes informations: services instructeurs, centres techniques et producteurs. Le portail aquaculture permet de créer une interface entre administrations et professionnels, en améliorant la lisibilité de l’organisation administrative, sous forme des supports réglementaires et documents de cadrage, par le biais de l’information géographique spatialisée.

Pour en savoir plus sur cette plateforme, cliquez sur le lien ci-dessous.

Contributeur : Une cartographie des sites d’aquaculture sur le site Géolittoral | Cerema

Rapport reprenant des données sur les biomasses produites en UE sur les différents types de produits dont les algues et produits aquatiques.

L’Union Européenne (UE) utilise la biomasse pour répondre à ses besoins en matière d’alimentation humaine et animale, d’énergie et de matériaux. La demande et la fourniture de biomasse ont des répercussions environnementales, sociales et économiques. Il est particulièrement important de comprendre l’approvisionnement, la demande et les coûts de la biomasse, ainsi que les impacts qui y sont associés, dans les domaines d’action pertinents de l’UE, afin de faciliter l’élaboration de politiques solides.

En tant que service scientifique interne de la Commission Européenne (CE), le rôle du Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne est de fournir aux politiques de l’UE un soutien scientifique et technique indépendant, fondé sur des données probantes contribuant ainsi à des politiques cohérentes. Afin de fournir une base scientifique solide pour l’élaboration de politiques communautaires bien préparées, les services de la Commission ont demandé au CCR de fournir périodiquement des données, des informations traitées, des modèles et des analyses sur l’offre et la demande de biomasse dans l’UE et dans le monde, ainsi que sur sa durabilité. Le présent rapport est le troisième rapport public établi dans le cadre de ce mandat.

 

Découvrez le rapport dans les documents à télécharger ci-dessous.

Sujets d’intérêt :

Chapitre 4 – Production européenne de macroalgues

Chapitre 5 – Biomasse issue de la pêche et de l’aquaculture

 

EUMOFA vient de publier la troisième édition de son rapport sur la bioéconomie bleue. Paru tous les deux ans, ce dernier analyse l’état des lieux du secteur de la bioéconomie bleue au sein de l’Union européenne. Il met particulièrement l’accent sur les systèmes de culture de microalgues et de macroalgues, analyse du potentiel des algues en tant que carbone bleu et de l’algue sargassum, ainsi que de la capacité de l’élevage d’algues à transformer les économies régionales.

Aperçu des récentes évolutions des systèmes de culture de microalgues et de macroalgues

La récolte et la culture des algues sont encore très limitées en Europe. En effet, bien que 36% des entrées dans la base de données de l’industrie mondiale des algues se situent en Europe, celles-ci émanent pour la plupart de start-ups qui ne sont pas encore opérationnelles sur un plan commercial.

Les algues en tant que sources de carbone bleu

L’Europe dispose de vastes zones propices à la culture des algues et des macroalgues[1];[2], mais elle ne représente que moins de 0,25% de la production mondiale d’algues par l’homme (culture + récolte). En outre, l’UE accueille de nombreux écosystèmes d’algues sauvages, qui jouent un rôle crucial dans le cycle du carbone marin. Les algues agissent comme un piégeur net de CO2 dans le monde entier, ce qui pourrait égaler les niveaux de piégeage des marais maritimes, des mangroves et des écosystèmes d’herbiers marins combinés. Les algues peuvent jouer un rôle dans les politiques climatiques par le biais de la conservation, de la restauration et de la culture, ce qui pourra avoir des effets positifs sur le climat et l’environnement.

Comment la culture des algues peut transformer les économies régionales

Les algues font l’objet d’une demande croissante à laquelle les producteurs ne peuvent pas répondre en raison d’un certain nombre de facteurs (silos de connaissances, données peu transparentes, cycles de production imprévisibles, chaînes d’approvisionnement inefficaces, cadres réglementaires complexes) qui dissuadent les investisseurs et les entreprises de prendre des risques.

Les sargasses

Les sargasses (Pelagic sargassum) jouent un rôle important dans les écosystèmes marins. Elles constituent des points chauds de la biodiversité et de la productivité dans des eaux océaniques qui, autrement, seraient pauvres en substrat et en éléments nutritifs. En dépit de cela, leur utilisation est limitée à certains régions spécifiques et leur commercialisation n’est pas encore vraiment à l’ordre du jour.

Le rapport complet est disponible en anglais.

[1] Global Potential of Offshore and Shallow Waters Macroalgal Biorefineries to Provide for Food, chemicals and Energy: Feasibility and Sustainability. Lehahn, Y., Nivrutti, I., Golberg, A., 2016

[2] Spatial Analysis of Marine Protected Area Networks in Europe’s Seas II. Agnesi, S., Annunziatellis, A., Chaniotis, P., Mo, G., Korpinen, S., Snoj, L., Tunesi, L., Reker, J., 2020

La consommation de produits aquatiques passe par 2 systèmes d’approvisionnement : la pêche, où l’on a conscience de la surexploitation des stocks halieutiques ; et l’aquaculture, qui, depuis 25 ans a connu un développement important. La production aquacole mondiale est aujourd’hui équivalente en tonnage aux produits pêchés, et permet de répondre à l’évolution continue de la demande de produits aquatiques.

Malgré cela, en France, bien que l’activité piscicole ait émergé dans les années 80, on constate depuis une vingtaine d’années une stagnation voire une régression de la production piscicole avec aujourd’hui 45 000 tonnes de poissons par an soit 7% en quantités des ventes issues de la pêche française, ce qui équivaut également à 7.5% de la production piscicole européenne et un peu moins de 1‰ de la production piscicole mondiale.

Après avoir dressé le constat de la pisciculture française, les facteurs favorables pour son développement ont été abordés dans ce rapport, avec :

Bien que de nombreux facteurs laisseraient à penser que le développement de la pisciculture en France soit favorable et facilement applicable, il existe des points négatifs qui engendrent souvent des blocages, comme :

Le rapport s’est ensuite intéressé à faire un état des lieux des politiques et aides publiques actuelles en faveur du développement de la pisciculture : bien que les politiques aient été ambitieuses, les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qui était attendu. Les problématiques réglementaires se glissant également dans la balance et complexifiant ou mettant un terme à certains projets prématurément.

Enfin des axes de développement selon le type de pisciculture (eau douce ; marine ; étang) ont été abordés afin de hiérarchiser les priorités d’action qui permettront le développement de la pisciculture française.

Aux Etats-Unis, la startup Pearlita Foods vient de créer la première huître de culture. En utilisant des technologies végétales et des technologies cellulaires, la société a élaboré de la chair d’huître à partir de champignons et d’algues, et d’un nouvel arôme qu’elle a développé. Le produit obtenu présente une apparence et un goût similaires une huître naturelle.

Pearlita Foods met en avant le caractère durable et sûr de cette huître, qui évite la surpêche et ne présente pas de contamination virale ou bactérienne. A l’avenir, la startup va poursuivre ses recherches pour créer notamment des coquilles d’huître biodégradables, et développer des prototypes de calamars et de pétoncles.

Installée à Raleigh, dans l’Etat de Caroline du Nord aux Etats-Unis, la startup Pearlita Foods travaille au développement de coquillages à base de cellules, et plus spécifiquement d’huîtres de culture. Récemment, elle est parvenue à recréer en laboratoire de la chair d’huître, ce qui constitue une première mondiale.

Pour obtenir ce produit, la société a utilisé des technologies cellulaires et végétales. Elle a fabriqué ce prototype à partir de champignons et d’algues (pour la texture), combinés avec un nouvel arôme qu’elle a développé (pour le goût). L’huître de culture ainsi élaborée serait comparable à une huître naturelle, avec une apparence et une saveur similaires.

Nikita Michelsen est co-fondatrice de la société Pearlita Foods, elle rappelle que 85% des récifs d’huîtres sauvages ont aujourd’hui disparu à cause de la surpêche, et que le réchauffement climatique, les contaminations des coquillages pourraient, à l’avenir, mettre en difficulté l’ostréiculture. Aussi, dans ce contexte, elle souligne l’intérêt à produire des huîtres de culture. En effet, la fabrication de ces huîtres se déroulant dans un environnement stérile, les produits obtenus seraient sains et sans contamination bactérienne ou virale. D’autre part, produire de telles huîtres permettrait de réduire l’impact de la pêche sur l’environnement, voire de permettre la reconstitution des récifs sauvages.

Pearlita Foods, qui a reçu le soutien de la société d’investissement canadienne CULT Food Science, va lancer son huître végétale en utilisant des coquilles d’huîtres recyclées pour la mise en valeur et les dégustations, mais elle va aussi travailler à la création de coquilles d’huîtres biodégradables, plus simples à ouvrir, afin de développer une lignée d’huîtres entièrement cultivées. Par ailleurs, elle envisage aussi de réaliser des prototypes de calamars et de pétoncles.

 Sources :

Contributeur :

CCI Région Hauts-de-France

Une quinzaine de participants ont suivi le webinaire organisé par EATIP France. Cette réunion avait pour objectif de présenter les actualités de la filière aquaculture, notamment des dispositifs d’aide à l’aquaculture et des financements européens.

Le webinaire a débuté par une présentation de David Bassett, Secrétaire Général de l’EATIP, sur une stratégie de spécialisation intelligente pour favoriser les échanges entre régions & mécanismes d’aide à l’aquaculture.  Son intervention s’ est poursuivi avec un zoom sur la mission européenne « Régénérer notre océan et nos eaux » du programme Horizon Europe.

Enfin, nos Chargées de Mission, Marie BRUAUT et Manon DESMYTTER, sont intervenues sur les financements Interreg France-Wallonie-Vlaanderen et Interreg North-West Europe.

N’hésitez pas à les contacter pour en savoir plus !

Le replay de l’événement est disponible ci-dessous :

Lien site internet INTERREG FWV : https://www.interreg-fwvl.eu/fr

Lien site internet INTERREG Europe Nord Ouest : https://www.nweurope.eu/

Site internet avec projet INTERREG NWE financés période 2014-2020 : https://www.nweurope.eu/projects/project-search/

Site internet avec projet INTERREG FWV financés période 2014-2020 : https://interreg5.interreg-fwvl.eu/fr/projects-list

Une étude sur des produits anesthésiques à base de plantes et destinés à immobiliser les poissons a été menée par des universités turques. Les recherches ont été réalisées sur des truites arc-en-ciel qui ont été exposées à des préparations d’huiles essentielles de basilic et d’eucalyptus. Les observations ont mis en évidence que les concentrations de 300 mg/l pour huile essentielle de basilic et de 400 mg/l pour l’huile essentielle d’eucalyptus permettaient d’obtenir une anesthésie profonde des poissons dans des conditions optimales, avec des temps d’endormissement respectifs de 3,7 minutes et 3,1 minutes, et des temps de réveil respectifs de près de 1 minute et 1,96 minute. Par ailleurs, aucun effet histopathologique n’a été relevé. Les scientifiques en ont donc conclu que les huiles essentielles de basilic et d’eucalyptus constituaient des anesthésiants sûrs et efficaces pour les truites arc-en-ciel.

Dans les élevages aquacoles, les poissons peuvent ressentir un stress lorsqu’ils sont manipulés ou transportés. Pour éviter ce stress et prévenir tout risque de blessure, les industriels de l’aquaculture ont alors recours à des produits anesthésiants (benzocaïne, quinaldine, 2-phénoxyéthanol, tricaïne mésilate …). Ces anesthésiques peuvent cependant générer des effets secondaires, tels que l’irritation des branchies, une hyperactivité, une sécrétion excessive de mucus. Aussi, pour remplacer ces produits de synthèse, des anesthésiants à base de plantes sont étudiés, et suscitent d’ailleurs un intérêt croissant, notamment en raison de leurs effets bénéfiques sur la santé (antioxydant, antimicrobien, anti-stress, stimulation du système immunitaire…).

 Dans ce contexte, des scientifiques des universités turques* d’Isparta et de Burdur se sont intéressés aux effets et à l’efficacité des huiles essentielles de basilic (Ocimum basilicum) et d’eucalyptus (Eucalyptus globulus) dans le cadre de l’anesthésie de truites Arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss).
 Pour cette étude, des truites arc-en-ciel (de poids moyen 10 g), placées dans un aquarium, ont été exposées à des préparations d’huiles essentielles de basilic et d’eucalyptus (diluées chacune à 1/10 dans de l’éthanol à 95%). Après anesthésie, les poissons ont été déplacés dans un second aquarium pour la phase de réveil.
Les scientifiques ont testé une dizaine de concentrations allant de 20 mg/l à 600 mg/l pour chaque huile essentielle. Ils ont aussi observé et chronométré les différentes étapes de sédation, déterminées par des changements de comportements (au niveau équilibre, nage, réactions aux stimuli…), et correspondant à 4 phases d’endormissement (stade 1 : sédation légère ; stade 2 : sédation profonde ; stade 3 : anesthésie légère ; stade 4 : anesthésie profonde). Le temps de récupération post-anesthésie a également été noté, et une analyse histopathologique des tissus a été pratiquée.
 A l’issue des expériences réalisées avec le basilic, il apparaît que les truites sont en sédation profonde (stade 2) lorsque les concentrations d’huile essentielle de basilic sont dosées entre 50 mg/l et 100 mg/l. L’anesthésie profonde des poissons (stade 4) survient à des concentrations de 200 mg/l à 600 mg/l.
Concernant l’eucalyptus, la sédation profonde des truites (stade 2) se manifeste pour des concentrations d’huile essentielle d’eucalyptus de 70 mg/l à 150 mg/l, et l’anesthésie profonde (stade 4) intervient à des concentrations de 200 mg/l à 600 mg/l.
Idéalement, une anesthésie profonde doit se produire en moins de 3 à 5 minutes, et la phase de réveil ne doit pas dépasser les 10 minutes. En tenant compte de ces critères, les concentrations optimales ont été établies à 300 mg/l pour l’huile essentielle de basilic (ce qui permet une anesthésie profonde en 220,5 secondes (soit 3,7 minutes), et une récupération post-anesthésie en 61 secondes (près d’une minute)), et à 400 mg/l pour l’huile essentielle d’eucalyptus (avec, pour la phase anesthésie profonde : un temps de 186 secondes (3,1 minutes), et pour la phase réveil : un temps de 117,5 secondes (1,96 minute)).
Par ailleurs, pour chacune des huiles essentielles, les analyses histopathologiques des tissus prélevés sur les truites n’ont pas mis en évidence de lésions, ni d’effets toxiques sur les branchies, le foie, et les reins des poissons. De même, il n’a pas été établi de concentration létale (10 min LC50) entre 70 mg/l et 400 mg/l. Parallèlement, les scientifiques ont analysé les huiles essentielles pour en préciser la composition, qui peut varier selon la provenance de la plante. Ainsi, dans le cas présent, l’huile essentielle d’eucalyptus contenait majoritairement du 1,8-cinéole, tandis que l’huile essentielle de basilic présentait essentiellement de l’estragol et du linalol.
  
Au regard de ces résultats, les scientifiques ont conclu que les huiles essentielles de basilic et d’eucalyptus constituaient des produits anesthésiants efficaces et sûrs pour sédater des truites arc-en-ciel.
  

* : Isparta University of Applied Sciences ; Burdur Mehmet Akif Ersoy Univerty

 

Sources : 

 

Contributeur :

CCI de Région Hauts-de-France

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