La note de synthèse : Les Assises de la pêche et des produits de la mer 2025
Rédigée par nos chargées de mission, cette note propose une synthèse claire et structurée des Assises. Elle rassemble les points clés, les orientations retenues et les éléments majeurs discutés et pris en considération tout au long de l’événement
Nos chargées de mission ont pris le temps de récapituler et vulgariser l’ensemble des informations clés issues des Assises. Dans cette note, vous retrouverez un condensé clair et accessible de ce qui a été dit, débattu et retenu : orientations stratégiques, réflexions partagées et décisions importantes.
L’objectif ? Vous offrir un aperçu simple, pratique et opérationnel de ce moment fort, afin que chacun puisse facilement s’approprier les enseignements et avancer dans la même direction.
Chiffres clés 2024 – FranceAgriMer
Retrouvez dans ce rapport les données chiffrées des filières pêche et aquaculture en France en 2024 !
Production – Entreprises – Échanges – Consommation
Les données de production, d’emploi, de commerce extérieur et de consommation constituent un outil essentiel pour :
-
mesurer le poids économique et social des filières,
-
identifier les forces et fragilités de la France face à la concurrence internationale,
-
éclairer les choix stratégiques en matière de durabilité, d’innovation et de sécurité alimentaire,
-
nourrir le débat public et renforcer la lisibilité de la filière auprès des décideurs et du grand public.
58 % des Européens mangent du poisson à la maison au moins une fois par mois. Bien que ces produits restent un aliment de base dans les régimes alimentaires européens, l’enquête révèle une baisse de la fréquence de consommation globale depuis l’enquête de 2021. Seul un tiers des répondants consomment des produits de la pêche et de l’aquaculture au moins une fois par semaine, ce qui marque une baisse de 4 % par rapport à la précédente enquête réalisée en 2021. La part des répondants qui ne consomment jamais de produits de la pêche et de l’aquaculture à la maison est passée à 15 %, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2021, ce qui indique une évolution des tendances alimentaires
Informations clés :
Consommation de produits de la pêche ou de l’aquaculture
Environ trois répondants sur dix achètent des produits de la pêche ou de l’aquaculture et en consomment à domicile au moins une fois par mois mais moins d’une fois par semaine, tandis qu’environ deux sur dix déclarent en consommer une fois par mois, mais moins d’une fois par semaine, au restaurant et/ou dans d’autres lieux.
Aspects les plus importants lors de l’achat de produits de la pêche ou de l’aquaculture
Par rapport à l’enquête précédente, le coût des produits est devenu le facteur le plus influent (55 %) dans les décisions d’achat des consommateurs européens de poissons et de fruits de mer, le prix dépassant désormais l’apparence des produits (52 %).
Informations devant figurer sur les étiquettes des produits de la pêche et de l’aquaculture
Les répondants souhaitent des étiquettes plus détaillées, 69 % d’entre eux estimant qu’il est important d’y faire figurer la date de capture ou de récolte pour tous les produits de la pêche et de l’aquaculture. Par ailleurs, 36 % aimeraient y trouver davantage d’informations environnementales.
Pour plus d’informations, téléchargez le rapport ici (en anglais) ou contactez AQUIMER !
Le pou de mer Caligus rogercresseyi est un parasite connu des élevages de saumons. Des chercheurs de l’Université autonome du Chili ont découvert que l’hepcidine, un peptide antimicrobien, pouvait se lier à l’exosquelette du pou et réduisait ainsi la viabilité du parasite de 50%. Ce peptide n’a par ailleurs présenté aucune toxicité pour le saumon lors des tests. Ces résultats montrent le potentiel de l’hepcidine pour une utilisation dans un vaccin prophylactique ou comme supplément fonctionnel dans l’alimentation des poissons, pour prévenir les infestions de poux de mer.
A la recherche de nouvelles méthodes pour lutter contre le pou de mer Caligus rogercresseyi qui parasite les élevages de saumons, des chercheurs de l’Université autonome du Chili ont constaté que l’hepcidine agissait sur le développement larvaire du parasite.
L’hepcidine est un peptide antimicrobien qui joue un rôle important au niveau du système immunitaire du poisson. Les scientifiques ont observé que ce peptide se pouvait se lier à la chitine de l’exosquelette du pou de mer, générant des protubérances sphériques sur cet exosquelette et conduisant à une réduction de 50% du nombre de parasites.
Comme le précise le Dr Paula Santana, une chercheuse de l’Université autonome du Chili qui a participé à cette étude, l’hepcidine a réduit de façon significative la viabilité du pou quand le parasite était dans le stade larvaire nauplius II. Lors des tests, le peptide a aussi montré une plus grande efficacité avec des expositions prolongées, sans présenter de toxicité pour les cellules des saumons.
Selon le Dr Santana, la présence de cystéine et d’histidine dans la composition des peptides antimicrobiens des salmonidés contribue à la formation d’interactions avec la chitine. L’efficacité de l’hepcidine, riche en cystéine, pourrait être liée à des modifications des polymères de la chitine pendant la mue, et plus particulièrement lors du stade nauplius II.
À la suite de cette découverte, les chercheurs suggèrent qu’un vaccin prophylactique basé sur ce type de peptides pourrait être développé afin de renforcer l’expression des effecteurs chez les poissons et prévenir les infestations de poux de mer Caligus rogercresseyi. Ces peptides pourraient aussi être incorporés comme suppléments fonctionnels dans l’alimentation des poissons, et permettre ainsi une protection continue contre le parasite.
Des recherches complémentaires viseront à améliorer l’efficacité et la stabilité du peptide, pour une utilisation en milieu aquatique.
Cette recherche a été rendue possible grâce au projet FONDECYT 1210026 de l’université pontificale catholique de Valparaíso.
La start-up australienne Food Recycle a développé et breveté une méthode pour valoriser les déchets alimentaires en aliments pour animaux. Avec cette méthode, les déchets sont déshydratés, puis transformés en poudre, et leurs profils nutritionnels sont analysés. Plusieurs tests de cette méthode ont déjà été menés, et le dernier en date a été réalisé avec l’organisme gouvernemental CSIRO. Cet essai a concerné un test d’aquaponie associant l’élevage de perches de jade et la culture de légumes verts à feuilles. Les résultats obtenus ont confirmé la faisabilité de la méthode et la valorisation possible de déchets alimentaires pour obtenir des aliments de qualité.
La start-up australienne Food Recycle a pour ambition de lutter contre le gaspillage alimentaire, dans une démarche d’économie circulaire. Son fondateur, Norman Boyle, a déposé en 2022, un brevet sur une méthode permettant de transformer les déchets alimentaires en aliments pour animaux, notamment pour poissons. Sur la base de ce procédé, l’entreprise a déjà mené plusieurs tests, et elle vient de valider la démarche auprès de l’organisme gouvernemental pour la recherche scientifique, le CSIRO (Common Scientific and Industrial Research Organisation), après un essai d’aquaponie réalisé avec des perches de jade.
Selon la méthode décrite dans la demande de brevet WO2023183970, les déchets alimentaires recueillis peuvent provenir de supermarchés, de boulangeries, de boucheries, de restaurants…, et sont traités séparément en fonction de leur source. Préalablement macérés, ils sont déshydratés pour obtenir une poudre granulaire propre à chaque type de déchets. Les poudres produites sont ensuite analysées pour établir leurs profils nutritionnels (teneurs en protéines, en matières grasses, en acides aminés…). Enfin, à partir de ces données, les poudres sont mélangées pour fabriquer un aliment ayant le profil nutritionnel recherché. L’aliment ainsi élaboré peut se présenter sous forme de granulés, de flocons ou de purée,
Pour l’expérience, dirigée par le Dr Ha Truong et menée dans les locaux australiens du CSIRO, des perches de jade ont donc été nourries avec un régime à base de déchets alimentaires. Les déjections des poissons ont été recyclées et les nutriments ont été utilisés pour faire pousser des légumes verts à feuilles. Les résultats obtenus ont confirmé la faisabilité technique de la méthode, et la valorisation possible de déchets alimentaires pour obtenir des aliments de qualité. En utilisant la méthode de Food Recycle, 30 kg de déchets alimentaires ont été transformés en 15 kg d’aliments pour l’aquaculture, qui ont produit 10 kg de perches de jade, et, avec l’aquaponie, 80 kg de légumes-feuilles.
Cet essai s’ajoute aux essais, concluants, déjà réalisés notamment sur des poules pondeuses, et des crevettes. Deux tonnes de déchets alimentaires pourraient ainsi être transformées en une tonne d’aliment complet adapté à la volaille, aux porcs et à l’aquaculture.
La start-up a lancé une campagne de financement afin de commercialiser sa solution à l’international.
https://retailworldmagazine.com.au/start-up-turns-food-waste-into-animal-feed/
https://www.foodrecycle.com/our-process
Demande de brevet WO2023183970
La région Hauts-de-France compte plus de 350 entreprises de pêche, aquaculture, mareyage-filetage, salaison, plats préparés, négoce de produits aquatiques ; et plus de 6 500 salariés directs auxquels il faut bien évidemment ajouter les emplois induits par ces activités. Par ailleurs, elle est la 2ème région piscicole française avec 10 000 tonnes de truites, bars et daurades ; 30 entreprises et 47 sites exploités.
Premier port de pêche français et première place de transformation européenne de produits aquatiques avec 280 000 tonnes de produits préparés, dont 30 437 tonnes en 2023 issus des navires de pêche des Hauts-de-France, Boulogne-sur-Mer, occupe une position stratégique au sein de la filière, au cœur de l’Eurorégion.
La plupart des produits importés sont des produits bruts ou peu transformés et la valeur ajoutée est réalisée sur la plateforme boulonnaise. Par ailleurs, grâce à sa puissance logistique, Boulogne-sur-Mer est également une place d’exportation vers les marchés porteurs d’Europe du Sud et, pour certains produits, d’Europe du Nord.
Au-delà des entreprises de la filière, composée à 95 % de TPE – PME et quelques Groupes (Auchan, Capitaine Houat, Comptoirs Océaniques, Findus, Mowi, Unima, …), soulignons la présence déterminante des organisations et fédérations professionnelles, qui regroupent et représentent plus de 90 % des acteurs du secteur régional des produits aquatiques (Organisations de Producteurs à la pêche FROM Nord et CME, Comité Régional des Pêches et des Elevages Marins – CRPMEM, Comité Régional de la Conchyliculture Normandie – Hauts-de-France, Syndicat des Pisciculteurs des Hauts-de-France, Syndicat Général des Mareyeurs, Syndicat National des Saleurs-Saurisseurs de Poissons, Syndicat de transformateurs – INNOCEA, …).
L’écosystème régional de la filière des produits aquatiques compte également :
- des instituts et centres de recherche (ANSES, CEA, IFREMER, Nausicaa),
- une Plate-forme d’Innovation Nouvelles Vagues disposant d’une station expérimentale aquacole et d’un laboratoire d’analyses,
- des universités (Universités du Littoral Côte d’Opale, de Lille, Artois),
- des écoles et centres de formation (Junia, Centre de Formation aux Produits de la Mer et de la Terre – formation aux métiers de la transformation des produits aquatiques),
- des lycées professionnels (Lycée Professionnel Maritime Le Portel, Lycée aquacole de Coulogne),
- un Campus des Métiers et Qualifications (CMQ) Approvisionnement, valorisation et commercialisation des produits aquatiques (AVCPA),
- un incubateur Blue Living Lab porté par Nausicaa,
- une pépinière dédiée, Haliocap, portée par la Communauté d’Agglomération du Boulonnais (CAB),
- un programme d’accélération, AQUARIZE, lancé en octobre 2024, porté par AQUIMER en partenariat avec la CAB, l’agence de développement économique Boulogne Développement Côte d’Opale, la CCI Littoral Hauts-de-France et Nausicaa,
- un Pôle de Compétitivité, AQUIMER, spécialisé dans la valorisation des produits aquatiques, qui accompagne les entreprises de la filière dans leurs démarches d’innovation et de développement.
Le document « Fishing and Aquaculture in a Changing Climate » analyse l’impact des changements climatiques sur la pêche et l’aquaculture, essentiels pour la sécurité alimentaire mondiale.
Le réchauffement, l’acidification , et la désoxygénation des océans perturbent les écosystèmes marins, provoquant la redistribution des espèces et la dégradation des habitats comme les récifs coralliens. La surpêche, l’utilisation d’engins destructeurs et l’aquaculture intensive aggravent la situation en épuisant les stocks et en polluant les milieux. Ces pressions menacent les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, et amplifient les inégalités et les tensions régionales.
Le rapport propose des solutions pour un avenir durable : adoption d’approches écosystémiques, réduction des impacts climatiques, développement de modèles d’aquaculture durable, et mise en place d’une gouvernance participative. Une transition rapide et collective est essentielle pour renforcer la résilience des écosystèmes marins et des sociétés humaines face aux changements globaux.
Une économie bleue durable offre de nombreuses solutions pour atteindre les objectifs du Green Deal européen. Cependant, cela nécessite que les activités, technologies et processus actuels réduisent leur empreinte carbone.
En réponse, la Commission Européenne a adopté un ensemble de mesures en février 2023, dont la plus importante pour cette étude est la Communication sur la transition énergétique du secteur de la pêche et de l’aquaculture de l’UE. Ce package propose une série d’actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à atteindre la neutralité climatique en carbone d’ici 2050. Cette étude recense les innovations énergétiques et les solutions d’efficacité à faible émission de carbone, analyse la consommation d’énergie actuelle, les émissions de CO2e associées, le coût de leur réduction et la viabilité des technologies de décarbonisation. Elle identifie des solutions potentielles pour le secteur de la pêche et de l’aquaculture, évalue leur viabilité financière et fournit des recommandations pour surmonter les obstacles à la mise en œuvre. Les spécificités de la pêche et de l’aquaculture sont abordées séparément, et des recommandations sont formulées en conséquence. Les synergies potentielles pour la transition énergétique au sein des secteurs sont également identifiées.
Retrouvez le document ci-dessous.
Référence de la source: European Commission, European Climate, Infrastructure and Environment Executive Agency, Vet, J., Gardner, H., Sala Pérez, M. et al., Techno-economic analysis for the energy transition of the EU fisheries and aquaculture sector, Publications Office of the European Union, 2024, https://data.europa.eu/doi/10.2926/425550
Ce dossier thématique vous présente l’intelligence artificielle. Vous trouverez également le replay du webinaire organisé sur le sujet le 10 septembre 2024.
Dossier thématique intelligence artificielle
Ce dossier thématique disponible au téléchargement ci-dessous vous présente l’intelligence artificielle. Vous y trouverez une approche générale mais également un aspect plus technique sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans notre filière (secteurs de la pêche, de l’aquaculture, de l’algoculture et de la transformation).
Replay du webinaire sur l’intelligence artificielle
Thierry Perrier, chargé de mission au Pôle AQUIMER, a animé ce webinaire avec la participation de quatre intervenants pour présenter comment l’Intelligence Artificielle est intégrée dans la filière des produits aquatiques.
Nous avons eu les interventions de :
- Thibaud JACQUEL de NWX qui a réalisé une introduction générale de l’IA
- Luis DIAZ de PONTOS AI qui a montré l’application de l’IA dans la pêche
- Kilian DELORME de KAMAHU qui a mis en avant l’application de l’IA dans la filière aquacole
- Emeline LACHAUD de CEA qui a présenté l’intégration de l’IA dans la transformation
Retrouvez les présentations et le replay ci-dessous :
Le rapport de la FAO publié le 10 juillet 2024 met en lumière les risques climatiques potentiels pour la biomasse exploitable de poissons dans presque toutes les régions des océans du monde, y compris les principaux pays producteurs et ceux fortement dépendants des ressources aquatiques. Les projections globales montrent une diminution de plus de 10 % de la biomasse de poissons exploitables d’ici le milieu du siècle, particulièrement sous un scénario à fortes émissions de gaz à effet de serre.
D’ici la fin du siècle, sous un scénario à fortes émissions (réchauffement de 3 à 4 °C), la diminution pourrait atteindre 30 % ou plus dans 48 pays et territoires. En revanche, sous un scénario à faibles émissions (réchauffement de 1,5 à 2 °C), les changements se stabiliseraient entre aucune modification et une diminution de 10 % ou moins dans 178 pays et territoires.
Des baisses notables sont prévues pour des nations productrices majeures, comme le Pérou (37,3 %) et la Chine (30,9 %), sous un scénario à fortes émissions, mais se stabilisent sous un scénario à faibles émissions. Le rapport, élaboré par le Projet de comparaison des modèles d’écosystèmes marins (FishMIP), a été présenté lors de la 36e session du Comité des pêches (COFI36) à Rome.
Il souligne l’importance de comprendre les impacts potentiels du changement climatique sur les écosystèmes marins pour concevoir des programmes d’adaptation appropriés. Les bénéfices des mesures de réduction des émissions sont particulièrement significatifs pour les États insulaires en développement, où les pertes extrêmes de fin de siècle projetées sont largement évitées sous un scénario à faibles émissions.
Le rapport appelle à une vision plus holistique de la gestion des ressources marines en incluant d’autres usages côtiers et océaniques en plus des pêches, alignée avec la stratégie de la FAO sur le changement climatique et son plan d’action. Le FishMIP, lancé en 2013 et renouvelé en 2024, vise à accroître la fiabilité des projections de modélisation pour soutenir une planification efficace et résiliente des secteurs de la pêche face au changement climatique.
Cet article se base sur trois rapports de la FAO :
-
ecosystem approach to fisheries Climate change risks to marine ecosystems and fisheries : Projections to 2100 from the Fisheries and Marine Ecosystem ModelCe rapport contient les premières modélisations des stocks et des pêcheries de poissons selon les différents scénarios de réchauffement des eaux de surface.
-
Blue transformation.Un rapport pour mettre en avant l’économie bleue et ses possibilités long terme pour la filière.
-
Le FAO stratégie sur le changement climatique
Un rapport de la FAO sur les différentes stratégies qui peuvent être mises en place pour accompagner au mieux les changements climatiques.