Compte tenu des inquiétudes croissantes sur leur impact sur les produits halieutiques et aquacoles, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a répondu à l’appel international visant à évaluer les connaissances disponibles dans ce domaine.
En 2017, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a examiné la question des microplastiques dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture au travers la publication d’un rapport intitulé » Microplastics in fisheries and aquaculture »*. Ce rapport, basé sur la littérature scientifique existante, a bénéficié de la contribution d’un groupe d’experts qui a évalué l’impact potentiel des microplastiques et des contaminants sur la santé des consommateurs de produits de la mer, et les implications écologiques pour les organismes aquatiques.
Le présent document résume ce rapport de façon synthétique et en français, à destination à la fois des décideurs et du grand public.
*FAO. 2017. Microplastics in fisheries and aquaculture. Fisheries and Aquaculture Technical Paper 615. http://www.fao.org/3/a-i7677e.pdf
Ce document publié au cours du mois d’octobre a été produit par un groupe de gouvernants réunis sous le nom de « High level panel for a sustainable ocean economy » et lancé à l’occasion du dernier symposium international de la FAO pour la pêche durable.
Un collectif de hauts dirigeants s’est constitué en 2018. Il compte des représentants de l’Australie, du Canada, du Chili, des îles Fiji, du Ghana, de l’Indonésie, de la Jamaïque, du Japon, du Kenya, du Mexique, de la Namibie, de la Norvège, de Palau et du Portugal.
Ce document fournit des éléments de langage utile pour valoriser la filière des produits aquatiques et la positionner comme axe stratégique majeur dans la transition énergétique et agricole.
Des documents thématiques de positionnement « Blue papers » seront publiés à la suite de ce premier.
Les ressources génétiques marines ont fait l’objet de différentes discussions au cours de ces derniers mois. Le dossier publié sur le centre de veille rassemble deux documents publiés sur cette question. Ils traitent le sujet sur deux versants : la nécessité de connaître, de gérer et de préserver les ressources génétiques aquatiques (FAO) et la nécessité de mettre en place une régulation et une gouvernance internationale pour la connaissance et la gestion de ces ressources dans les hautes mers (UE pour UNCLOS – ABNJ).
Les ressources génétiques marines constituent un enjeu central pour le développement de l’aquaculture et le maintien des équilibres éco-systèmiques.
La variabilité des ressources génétique constitue la base de l’amélioration génétique en aquaculture. Face aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes et à l’épuisement des stocks sauvage, il faut améliorer la caractérisation et le suivi de l’utilisation des ressources génétiques aquatiques, en particulier à un niveau inférieur à celui de l’espèce, afin de garantir la conservation, l’utilisation durable et la mise en valeur de ces ressources.
La diversité et la disponibilité des ressources génétiques marines et aquatiques conditionnent l’adaptabilité et la résilience des espèces et des éco-systèmes. De nombreux risques pèsent pourtant sur ces ressources, et ces risques sont mal connus et mal évalués.
La FAO et l’Union Européene sont à l’origine d’initiatives pour promouvoir une meilleure connaissance, gestion et protection de ces ressources.
Source : COMMISSION DES RESSOURCES GÉNÉTIQUES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE DE LA FAO ÉVALUATIONS · 2019
La croissance démographique mondiale entraine une hausse de la consommation de protéines issues des milieux aquatiques. Cette hausse devrait se poursuivre à raison de 1.2% par an jusqu’en 2030. Alors que les pêcheries ont atteint un palier et ne pourront pas durablement augmenter leur niveaux de prélèvement, l’aquaculture constitue la réponse à cette demande croissante.
Cette technique est cependant récente à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Contrairement à la domestication des espèces pour l’élevage et l’agriculture, commencée au néolithique, la domestication d’espèces variées et à grande échelle de ressources marines reste très récente. Le développement d’une aquaculture durable et performante passera donc par une meilleure connaissance des ressources génétiques marines. Le développement de ces connaissances, des outils de gestion et de protection, de compétences spécifiques sont essentielles au développement de l’aquaculture de demain. La variabilité des ressources génétique constitue la base de l’amélioration génétique en aquaculture. Face aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes et à l’épuisement des stocks sauvage, il faut améliorer la caractérisation et le suivi de l’utilisation des ressources génétiques aquatiques, en particulier à un niveau inférieur à celui de l’espèce, afin de garantir la conservation, l’utilisation durable et la mise en valeur de ces ressources. La diversité et la disponibilité des ressources génétiques marines et aquatiques conditionnent l’adaptabilité et la résilience des espèces et des éco-systèmes. De nombreux risques pèsent pourtant sur ces ressources, et ces risques sont mal connus et mal évalués.
Ce rapport compile les contributions de 92 Etats membres de la FAO et inclut les résultats de 5 études thématiques de référence. Les pays contributeurs représentent 69% des producteurs mondiaux en aquaculture. La synthèse en français rapporte les informations principales qu’il contient, en précisant dans des encadrés les principaux enjeux et recommandations. Les autres formats, en anglais vous fourniront des informations plus détaillées et une large bibliographie.
« Rapport d’atelier international : Ressources génétiques marines dans les hautes mers (ABNJ) : faire le lien entre politiques, droit, science et R&D1»
Source : UE
Date : 21-22 mai 2019 (publication novembre 2019)
Synthèse :
Cet atelier sur les ressources génétiques marines dans les hautes mers a été organisé par la Commission Européenne. Les échanges visaient à mieux comprendre les enjeux liés aux ressources génétiques marines, dans le contexte de négociations en cours pour un nouvel instrument légal relevant de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (UNCLOS) et la conservation de l’exploitation durable de la diversité biologique marine dans les aires hors juridiction nationale (hautes mers – ABNJ) (Résolution de l’Assemblée Générale 72/249). Ce texte qui permet d’encadrer l’usage des ressources issues de la haute mer doit être renforcé.
Les ressources génétiques marines désignent des organismes de tailles diverses, du micromètre au mètre, elles sont abritées dans des habitats multiples, de la colonne d’eau, jusqu’à l’environnement hemipélagique en passant par les fonds marins et la biosphère profonde (sous le fond marin). On désigne donc par ce terme la grande variété du vivant aquatique marin.
L’accès, la connaissance et la valorisation des ressources biologiques marines contenues dans ces eaux constitue un enjeu stratégique important et méconnu.
Près de 90 experts représentant les sciences, les politiques, le droit et l’industrie se sont réunis pour présenter leurs expériences concernant les différents aspects de ce sujet. Ils se sont associés aux discussions conduites actuellement par les délégués des Nations Unies dans le cadre des négociations sur les hautes mers.
L’objectif global de cet atelier était de faciliter le partage de connaissance et d’expérience entre les participants et de créer des passerelles entre les différents acteurs concernés. Cet atelier a également permis de rassembler des points de vue divers émanant des pays développés et des pays en développement de l’ensemble de la planète. L’atelier s’est déroulé en utilisant la règle de Chatham House.
Ce rapport nous renseigne sur les travaux de recherche en cours, les modalités de prélèvement, de stockage et d’encodage des échantillons et données collectées.
Chaque présentation de session est rapportée dans le document, avec les informations principales à retenir en fin de chapitre.
Les différentes sessions :
- Pratiques et expérience d’échantillonnage pour les Ressources Génétiques Marines
- Etape suivante : comment les séquences de données numériques sont construites et utilisées
- La cartographie des bases de données : relier les points et renforcer les synergies
- Renforcer la disponibilité des Ressources Génétiques Marines : le rôle des infrastructures de collecte et de recherche
- Relever les défis de la recherche et construire les compétences
- La perspective du secteur privé sur les Ressources Génétiques Marines
- Ressources génétiques marines et aspects juridiques, incluant les droits de propriété intellectuelle
L’aquaculture a recours de plus en plus à une alimentation d’origine végétale pour nourrir les poissons d’élevage.Les protéines de soja sont les plus utilisées, toutefois elles contiennent très peu de taurine, un acide aminé qui intervient dans plusieurs processus métaboliques.
Les protéines de soja sont les plus utilisées, toutefois elles contiennent très peu de taurine, un acide aminé qui intervient dans plusieurs processus métaboliques. Une étude a donc été menée sur l’apport de taurine dans tels régimes et sur ses effets sur la croissance de jeunes bars européens. Il apparaît qu’une supplémentation importante en taurine améliore la croissance des poissons mais modifie aussi la qualité des filets au niveau de la fermeté et de la mastication, qui seront alors plus marquées.
Une équipe internationale de chercheurs s’est intéressée à l’alimentation des poissons d’élevage, et plus particulièrement à la présence de taurine dans la nourriture.
En effet, les scientifiques notent que les farines de poissons, initialement produites à partir d’ingrédients marins, contiennent à présent de plus en plus de composés végétaux. Cette tendance, motivée par des raisons économiques et environnementales, s’est traduite par l’utilisation de diverses plantes telles que le soja, le tournesol, le lupin, avec des résultats plus ou moins concluants.
Parmi les végétaux testés, les protéines de soja se sont révélées être les plus intéressantes car elles permettent d’obtenir des compositions avec un solide apport nutritionnel. Cependant, cette alimentation présente aussi des inconvénients tels que des faibles taux de méthionine, de cystéine, la présence d’oligosaccharides non digestes, et surtout un taux de taurine quasiment indétectable (alors que les farines de poissons sont très riches en taurine, un acide aminé qui intervient dans plusieurs processus métaboliques).
Des chercheurs de plusieurs structures* ont donc étudié les effets d’un apport en taurine dans les régimes alimentaires basés sur l’utilisation de soja, ils ont notamment observé son influence sur la croissance de jeunes poissons.
En pratique, les travaux de recherche ont été menés sur des élevages de jeunes bars européens (Dicentrarchus labrax), nourris avec un mélange de farines de poissons, d’aliments à base de soja et de concentrés de protéines de soja. Plusieurs régimes ont été étudiés en variant la part de chacun des ingrédients, et une supplémentation en taurine a été réalisé à des taux différents, désignés par T0,2 (0,2%), T0,5 (0,5%) et T1 (1%). La croissance de ces poissons a été suivie pendant 12 semaines.
A l’issue de ces expériences, les scientifiques ont relevé un taux de survie des poissons compris entre 94% et 99%. Ils ont aussi constaté que les poissons pouvaient supporter un régime alimentaire comportant plus de 32% d’ingrédients issus du soja (pas de changement de morphologie, pas de symptômes inflammatoires des intestins…). Par ailleurs, il apparaît que plus l’apport en taurine est élevé, plus la concentration en taurine dans les muscles du poisson augmente. Au final, seul l’apport T1 de taurine a permis d’améliorer la croissance du poisson. Mais, à ce taux T1, la qualité des filets de poissons est aussi modifiée : la fermeté et la mastication augmentent, tandis que l’élasticité et l’intensité du goût diminuent légèrement.
* : Hellenic Centre for Marine Research (HCMR) Institute of Marine Biology – Grèce ; Laboratory of Food Chemistry and Technology, National Technical University of Athens – Grèce ; GANS Inc – France ; Institut de Recerca i Tecnologia Agroalimentaries – Espagne ; Faculty of Biosciences and Aquaculture, Nord University – Norvège ; Aquaculture Research Institute ; University of Idaho – Etats-Unis)
Pour aller plus loin :
https://www.feednavigator.com/Article/2019/11/12/Taurine-use-aids-fishmeal-replacement-in- aqua-feed
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0044848619313900#sec5
Le projet européen Life Brewery vise à transformer les sous-produits issus de la fabrication de la bière en ingrédients pour l’alimentation des poissons d’élevage.
C’est le centre technologique espagnol AZTI qui travaille ainsi à l’élaboration de ces ingrédients, via un procédé innovant de déshydratation combinant des procédés thermiques et mécaniques. Les tests réalisés sur différents élevages viseront notamment à évaluer la croissance et la qualité du poisson produit.
Ces dernières années, l’aquaculture a connu une croissance mondiale très importante, et ces poissons d’élevage sont nourris, pour la plupart, avec des farines de poissons et de l’huile de poissons. Avec des aliments produits très souvent à partir de poissons sauvages (65% des farines ʺconsommentʺ 83% de poissons sauvages), l’impact environnemental des fermes aquacoles est important, et l’élaboration d’aliments de substitution permettrait de diminuer cet impact sur les ressources naturelles.
L’impact environnemental, il en est aussi question pour les brasseries. En effet, ces dernières génèrent un grand volume de déchets : des drêches de brasseries, constituées des résidus de brassage de céréales et de levures. Ces déchets sont, dans le cas des levures : rejetés dans les eaux usées, et dans le cas des céréales : utilisés pour produire du biogaz, pour l’épandage, et en grande partie, ils servent à l’alimentation animale. Pourtant, ces drêches se caractérisent par une teneur en protéines élevée, et sont aussi riches en fibres et en minéraux. Aussi, potentiellement, elles pourraient entrer dans la composition d’aliments destinés aux élevages de poissons.
Il est à noter toutefois que les drêches fraîches, c’est-à-dire qui n’ont subi aucune transformation, sont très humides et de ce fait, se dégradent très rapidement. Pour faciliter leur conservation, ces drêches doivent être déshydratées.
Lancé en 2017, le projet Life Brewery a ainsi pour objectif de valoriser les drêches de brasserie et de les transformer en aliments pour les élevages aquacoles. Il s’agit d’un projet européen piloté et coordonné par le centre technologique espagnol AZTI, les autres partenaires du projet étant l’IRTA (Institut de Recerca i Tecnologia Agroalimentàries – Espagne), Riera Nadeu (Espagne), LKS Ingeniería (Espagne), et the Brewers of Europe (Belgique).
Le projet visera à élaborer 2 nouveaux aliments, et leur fabrication passera notamment par l’optimisation et l’amélioration du process de déshydratation des sous-produits de brasserie, en combinant de façon innovante des procédés mécaniques et thermiques. La méthode utilisée devant être industrialisable, les recherches seront testées et réalisées dans une unité pilote implantée en Espagne.
A ce stade des investigations, il est apparu notamment que l’hydrolyse enzymatique des produits permettait d’améliorer leur digestibilité. Aussi, l’AZTI a développé au final 4 ingrédients (2 produits avec hydrolyse, et 2 sans hydrolyse) qui vont être testés dans 3 élevages différents de poissons (sole du Sénégal, daurade royale, et truite arc-en-ciel).
Différents pourcentages de ces nouveaux ingrédients seront intégrés aux régimes alimentaires des poissons, afin d’évaluer entre autres les effets sur la croissance, la santé, et la qualité des poissons.
Les recherches se poursuivent donc pour déterminer les conditions optimales d’utilisation de ces nouveaux ingrédients. Le projet doit prendre fin en 2020.
Pour aller plus loin :
- https://fis.com/fis/worldnews/worldnews.asp?monthyear=5- 2019&day=2&id=102673&l=e&country=0&special=0&ndb=1&df=0
- https://lifebrewery.azti.es/en/
- http://ec.europa.eu/environment/life/project/Projects/index.cfm?fuseaction=search.dspPage&n_proj_id=6266
- http://uest.ntua.gr/naxos2018/proceedings/presentation/16.15-SessionXV.pdf
Alors que la filière aquacole connait un fort développement, on constate un accès restreint à l’espace et aux licences pour l’aquaculture. Les zones Natura 2000 peuvent accueillir des projets aquacoles.
Les zones Natura 2000 ne constituent pas des réserves naturelles, les activités humaines y sont permises sous réserve de ne pas entraver la réalisation des objectifs de conservation sur ces sites. L’ensemble des sites couvre près de 18% de la superficie terrestre et marine de l’UE. Aussi on observe de plus en plus de cas d’implantation d’équipements aquacoles. Cette coexistence aurait des effets positifs pour l’ensemble des parties impliquées sur le site.
Ce guide s’adresse aux professionnels de l’aquaculture. Il met à disposition un ensemble de connaissances et d’outils pour définir les conditions de faisabilité et l’opportunité d’un projet d’implantation dans une zone Natura 2000.
Auteurs : Groupe de travail ad hoc de la Commission européenne Date de publication : 2018
Résumé :
Alors que la filière aquacole connait un fort développement, on constate un accès restreint à l’espace et aux licences. Les zones Natura 2000 ne constituent pas des réserves naturelles, les activités humaines y sont permises sous réserve de ne pas entraver la réalisation des objectifs de conservation sur ces sites. L’ensemble des sites couvre près de 18% de la superficie terrestre et marine de l’UE. Aussi on observe de plus en plus de cas d’implantation d’équipements aquacoles. Cette coexistence aurait des effets positifs pour l’ensemble des parties impliquées sur le site.
Ce guide s’adresse aux professionnels de l’aquaculture. Il met à disposition un ensemble de connaissances et d’outils pour définir les conditions de faisabilité et l’opportunité d’un projet d’implantation dans une zone Natura 2000. Il fournit des éléments d’orientation pour rendre compatibles les dispositions visant à la protection de la nature, avec le développement d’une aquaculture durable.
La première partie du guide présente les incidences potentielles des activités aquacoles sur la nature, la faune et la flore sauvage. En s’appuyant sur un état de l’art approfondi, les auteurs passent en revue les impacts potentiels des différents modèles d’activités aquacoles sur le milieu. Le guide propose des mesures d’atténuation et des bonnes pratiques de gestion pour répondre aux exigences et aux contraintes dictées par les directives européennes «Habitats» et «Oiseaux», pierres angulaires de la politique européenne pour la préservation de la biodiversité.
Les différentes techniques d’aquaculture (pisciculture en cage de mer, radeaux et filières, conchyliculture intertidale, élevage à plat, aquaculture multitrophique integrée etc.) sont décrites dans une perspective d’intégration de l’activité dans un site protégé. Le guide propose de nombreux exemples d’aquaculture qui contribuent au maintien de la biodiversité ainsi que des outils d’aide à la décision pour déterminer les endroits adaptés au développement de projets aquacoles. Le guide offre une approche concrète, étape par étape, pour se mettre en conformité avec la réglementation et optimiser les chances d’aboutir à une implantation.
A retenir :
- Un état de l’art complet sur l’impact des différentes techniques utilisées en aquaculture sur le milieu naturel et leurs mesures d’atténuation et une bibliographie fournie sur la thématique abordée ;
- Une synthèse des pressions et incidences potentielles sur le milieu ;
- Des outils opérationnels pour l’évaluation, la définition de la faisabilité et l’aide à la décision ;
- Des outils opérationnels pour connaître et employer la réglementation dans la conception d’un projet ;
- Des exemples de projets d’aquaculture durable dans des zones naturelles, débouchant sur des synergies et des boucles de rétroaction positives ;
- Une introduction opérationnelle à la planification de l’espace maritime et à la prise en compte des instruments de gestion intégrée des zones côtières (GIZC).
La deuxième réunion EATIP France s’est déroulée le jeudi 7 novembre 2019.
Programme :
PARTIE 1
Intervenants : Margherita VECE / Doriane STAGNOL, AQUIMER
- Retour sur les principales tendances et priorités abordées lors du congrès Aquaculture Europe 2019 (1)
- Présentation du Position Paper, les recommandations de l’EATIP destinées à l’Union Européenne (2)
- Présentation de thématiques d’intérêt soutenues par l’EATIP (programme COPERNICUS, Low Trophic Aquaculture) (3)
- Session d’échanges autour des projets européens en émergence (4)
PARTIE 2 (EN-FR)
Intervenants : Henning LEBIUS, CEA / Jorge Alexandre VIEIRA, Undersee / Samuel DUPONT, Bioceanor
- Présentation du projet KETMaritime, financé par Interreg Atlantic Area, sur les technologies clés génériques (KET) dans l’industrie maritime (5)
- Présentation de l’utilisation des KET dans l’aquaculture (6)
Un atelier s’est tenu le 10 octobre dernier dans le contexte de préparation d’une proposition de révision du règlement européen sur la traçabilité des produits de la pêche et de l’aquaculture.
A l’occasion de cet atelier, les participants ont présenté et échangé autour de différentes méthodes de traçabilité, telles que les codes barre et les systèmes digitaux ou encore la technologie block Chain et la standardisation. Les résultats de ces échanges vont soutenir la révision du règlement européen, proposé par la Commission Européenne, pour de nouvelles dispositions sur la traçabilité dans le système de régulation et de contrôle européen.
Cet atelier s’est tenu dans le contexte de la préparation d’une proposition de révision du règlement européen sur la traçabilité des produits de la pêche et de l’aquaculture.
- Texte actuellement en vigueur « RÈGLEMENT (CE) No1224/2009 DU CONSEIL du 20 novembre 2009 instituant un régime communautaire de contrôle afin d’assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche »
- Liens vers les propositions de modification du texte (1) et (2)
Fonctionnement général du régime européen de contrôle de la pêche et objectifs de la révision
La politique commune de la pêche comprend un régime de contrôle destiné à garantir le respect de ses règles dans la pratique. Afin de veiller au respect des règles de la politique commune de la pêche, il existe un régime de contrôle destiné à:
- faire en sorte que seules les quantités autorisées de poissons soient capturées;
- recueillir les données nécessaires à la gestion des possibilités de pêche;
- préciser le rôle des États membres de l’UE et de la Commission;
- garantir une application uniforme des règles à tous les pêcheurs et une harmonisation des sanctions dans toute l’UE;
- assurer la traçabilité et le contrôle des produits de la pêche, d’un bout à l’autre de la chaîne d’approvisionnement.
Ce régime est défini dans le règlement relatif au contrôle, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2010 et qui a entièrement renouvelé l’approche européenne en la matière. Le règlement a notamment aligné le régime sur les mesures strictes adoptées par l’UE en 2008 en vue de lutter contre la pêche illégale.
La révision du règlement sur le contrôle a pour objectif de simplifier le système, de le rendre plus efficace et plus efficient, tout en assurant la conformité avec la Politique Commune de la Pêche (PCP) et un traitement équitable pour l’ensemble des opérateurs. L’objectif principal inclut le renforcement des moyens d’exécution, afin de favoriser une meilleure qualité et un échange facilité des données et informations relatives à la pêche. Il vise également à réduire les contraintes administratives, et à renforcer les synergies avec les autres politiques européennes.
Une révision préparée avec les parties prenantes européennes
La révision a été précédée d’une consultation des parties-prenantes à l’échelle européenne, ouverte à la suite de la publication d’un rapport d’évaluation sur le système de contrôle pré- existant (voir «note des autorités françaises à la Commission Européenne»; 2017) Différentes organisations avaient participé à cette consultation, dont le CNPMEM et l’UMF.
Les conclusions qui ressortaient de cette consultation étaient les suivantes :
- Les obligations ont généralement été bien respectées et mises en application.
- Il subsiste des disparités importantes entre Etats, dans le niveau d’application, ce qui crée une situation inéquitable.
- Des inconvénients persistent dans le texte actuel, ce qui limite son efficacité
- Les objectifs visés par le règlement ne sont pas encore atteints, les principaux défauts dans la mise en œuvre concernent les sanctions, le système de points, le suivi des infractions, l’échange de données, la traçabilité, les instruments de mesure et de rapport des captures à bord des navires de moins de 12mètres.
- Absence de clarté dans certaines dispositions et les exemptions nombreuses constituent une limite à l’efficacité du système de contrôle.
- L’évaluation pointe des incohérences entre la PCP et le Règlement, notamment en ce qui concerne l’obligation de débarquement.
Objectifs de la révision du règlement actuel
(Présentation de la Représentante de la DG Mare, Laurence CORDIER)
- Harmoniser l’exécution des règles d’application
- Combler les lacunes et les manques de données, particulièrement pour les navires depetite taille et la pêche de loisir
- Harmoniser le règlement avec la PCP et construire des synergies avec les autres politiques cadre de l’UE : meilleur contrôle de l’Obligation de Débarquement, meilleur contrôle de la puissance des moteurs, synergies renforcées avec les politiques de l’environnement
- La traçabilité doit inclure les produits importés, des certificats électroniques pour limiter la pêche INN.
Les changements principaux proposés sur les modalités de traçabilité
- Clarifier les règles concernant les lots de poissons issus de la pêche et de l’aquaculture : nouvel article 56
- Relier un lot spécifique de produits à un débarquement précis par un navire de la flotte de l’UE : mise en place d’un numéro d’identification de transport du poisson
- Digitalisation : pour une information sur la traçabilité qui soit enregistrée et transmise par voie électronique
- Appliquer ces exigences aux poissons et produits transformés issus de l’importation
- Digitalisation des certificats de capture de pêche INN (CATCH)
Ce qui ne change pas fondamentalement
Les espèces ciblés et les aires géographiques n’évoluent pas, elles restent les mêmes que dans la réglementation actuelle. La définition d’un « lot » de poisson soumis à l’étiquetage reste la même, la formulation de l’article est clarifiée.
Evolution de l’information sur la traçabilité
- La traçabilité doit s’appliquer à toutes les étapes, depuis la capture jusqu’à la mise en rayon
- L’information devra être transmise ou disponible «sous forme électronique » lors de la vente auprès des mareyeurs
- L’obligation s’applique également aux produits importés
- L’exemption s’applique aux produits de moins de 5kg destinés à la vente directe (moins de 50 euros)
- Un nouvel identifiant sous forme de numéro unique « identification de transport du poisson» (fishing trip identification number) et modification des informations accessibles au consommateur final.
Sont exclus de la nomenclature relative aux produits soumis à l’obligation de traçabilité :
- Farine de chair de poisson, de crustacés et mollusques, non destinés à la consommation humaine et algues
Avancement de l’adoption du texte de règlement :
- La version provisoire du rapport d’examen du texte par le Parlement Européen devrait être présentée en février 2020.
- L’examen du texte est en cours au sein du Conseil, l’avis d’orientation général devrait être rendu sous la présidence croate.
Liste et titres des présentations de la journée d’atelier :
- “Traceability of fishery products from a sanitary perspective” Paolo Caricato Deputy Head of Unit DG SANTE G4 Food hygiene
- Joint Missions DG SANTE-DG MARE on « Traceability and Labelling of Fishery Products » Expert Group on Fisheries Control Maria Lyons Alcantara & Saba Nordström
- Juan M. Elices López Head of Unit – S.G Acuicultura y Comercialización Pesquera GENERAL SECRETARIAT OF FISHERIES
- Control of traceability in Andalusia Diego Arana Mesa Unidad Técnica de Apoyo a la Comercialización Departamento Mercados Pesqueros Agencia de Gestión Agraria y Pesquerade Andalucía
- The Swedish national traceability system – technology and legal framework Anders Bogelius Senior advisor for Swedish agency water & marine management
- Traceability system in Latvia Miks Veinbergs / Varis Vitols State Environmental Service Fisheries Control Department
- Key findings in the process of establishing a Danish traceability system
- GS1 – The Global Language of Business What does the future hold for today’s Traceability Systems ? Denis O’Brien Director of Standards & Solutions GS1 Ireland
- Carrefour Espagne ; la traçabilité alimentaire à l’aide des blockchain
- Voluntary Industry Standards For Interoperability Expert Group on Fisheries Control; David SCHORR
- PRO TRACE – TRACEABILITY SOLUTION FOR FISHERIES EU-Commission Expert Group on Fisheries Britta Gallus Director Programs & Risk Assessment, SCM METRO AG
Synthèse des connaissances actuelles,options d’adaptation et d’atténuation.
Résumé en français du Document technique sur les pêches et l’aquaculture 627 de la FAO.
Ce document résume le contenu du Document technique 627 sur les pêches et l’aquaculture de la FAO intitulé Impacts of Climate Change on fisheries and aquaculture: synthesis of current knowledge, adaptation and mitigation options (Impacts du changement climatique sur les pêches et l’aquaculture: synthèse des connaissances actuelles, options d’adaptation et d’atténuation) (Barange et al., 2018).
Le rapport a été préparé principalement en réponse à l’Accord de Paris sur le climat de 2015, qui reconnaît la nécessité d’apporter des réponses efficaces et progressives à la menace urgente du changement climatique, au moyen de mesures d’atténuation et d’adaptation, tout en tenant compte des vulnérabilitésparticulières de la production alimentaire.
Compilé par plus de 100 contributeurs, le rapport fournit les informations les plus récentes sur les impacts du changement climatique sur les pêches marines et continentales et l’aquaculture. L’analyse est affinée aux zones sous-régionales et souszones océaniques et couvre les différentes dépendances des pays vis-à-vis des ressources halieutiques et de la pêche. Les informations, les conclusions et les recommandations fournies sont basées sur les projections des modèles, des analyses de données, ainsi que des expertises nationales, régionales et à l’échelle du bassin.
Les résultats indiquent que le changement climatique entraînera des changements importants dans la disponibilité et le commerce des produits du poisson, avec des conséquences géopolitiques et économiques potentiellement importantes, en particulier pour les pays les plus dépendants du secteur.
Au Portugal, des travaux menés au sein du Département Chimie de l’université d’Aveiro ont visé à éliminer les polluants de l’eau. Pour y parvenir, une équipe de chimistes a travaillé à l’élaboration d’un biocharbon adsorbant, réalisé à partir de déchets agricoles et industriels. Elle a ensuite testé son produit sur les analgésiques vétérinaires. C’est l’adsorbant fabriqué à partir des boues de l’industrie papetière qui a donné les meilleurs résultats. Ce produit pourrait potentiellement trouver une application dans les systèmes d’aquaculture en circuit fermé.
Les boues de l’industrie papetière pourraient permettre d’éliminer les résidus de substances médicamenteuses présents dans les bassins d’élevage de poissons. C’est ce qu’il ressort des recherches menées par l’université d’Aveiro, au Portugal.
En effet, des travaux menés au sein du Département Chimie ont visé à éliminer les polluants de l’eau. L’équipe de chimistes, composée de Catarina Ferreira, Marta Otero, Vania Calisto, Helena Nadais et Valdemar Esteves, a axé ses recherches sur l’utilisation de produits adsorbants pour enlever les contaminants, et a testé ces produits sur les analgésiques vétérinaires.
Les chercheurs ont ainsi travaillé à la fabrication d’un biocharbon adsorbant qui, à la manière d’un aimant, attirerait et retiendrait les substances toxiques. Ils ont choisi de réaliser cet adsorbant à partir des déchets agricoles et industriels.
Pour expliquer le choix de la méthode, l’équipe de chercheurs souligne que la méthode par adsorption présente l’avantage de ne pas générer de sous-produits et permet de concentrer dans un matériau de quelques grammes (l’adsorbant) un produit toxique présent dans un grand volume d’eau. Par ailleurs, le recours aux déchets agricoles et industriels constitue une solution peu onéreuse, en comparaison aux produits adsorbants disponibles sur le marché.
Les expériences ont mis en évidence que, de tous les adsorbants développés et testés, c’est l’adsorbant produit à partir des boues de l’industrie papetière (productions de papiers et de pâtes à papiers) qui a donné les meilleurs résultats sur les analgésiques. Les chercheurs en ont conclu que ce biocharbon pourrait être utilisé en aquaculture, dans les systèmes à circuit fermé. Toutefois, ils précisent que la viabilité technique et économique de cette solution doit encore être étudiée.
Par ailleurs, les scientifiques réfléchissent également à de nouveaux adsorbants qui pourraient éliminer des substances autres que des analgésiques.
Il est à noter, enfin, que ces travaux de recherches sont menés dans le cadre du projet de recherche RemPharm.
https://fis.com/fis/worldnews/worldnews.asp?l=e&id=97535&ndb=1